Sale temps pour l’environnement (bis) Oui, je sais, ceux qui lisent régulièrement mes « mot du directeur général » y verront une répétition de titre. Et bien oui, on ne peut malheureusement que se répéter et on ne le dira jamais assez. On assiste ces jours-ci à un martèlement et à des actes tacites de morcellement de nos règles environnementales qui nous paraissaient pourtant acquises. Il semble que ces acquis n’était qu’une illusion. Des pseudos magiciens de l’aristocratie financière revendiquent que nos règles environnementales nuisent à l’économie et le gouvernement du banquier Carney les écoute et plie les genoux en répondant à leurs doléances chargées de conflits d’intérêt. Il est malheureux et malhabile de dissocier la protection de l’environnement de l’économie. L’un ne peut aller sans l’autre. Quoique l’environnement devrait primer puisque sans un environnement sain comment peut-on développer une économie durable qui respecte les êtres humains qui la forge? Bâtir une économie saine c’est respecter notre humanité! C’est aussi respecté notre biodiversité et entre autres dans le Richelieu, notre emblématique chevalier cuivré. Ce qui m’amène à vous raconter une tranche de vie du COVABAR. Le 27 avril dernier, nous avons été informés que notre demande de financement dans le cadre du Programme d’intendance de l’habitat (PIH) pour les espèces en péril avait été refusée par le ministère de Pêches et Océans Canada (MPO). Avec ce financement, nous procédions principalement au gardiennage et à la patrouille du bassin de Chambly pour la protection du chevalier cuivré qui est en période de frai du 20 juin au 20 juillet. Ce refus de notre demande qui était étalée sur 3 ans représente un manque à gagner de 274 250$ pour le COVABAR. Nous sommes d’autant plus surpris de la décision de MPO, que ces derniers publiaient le 11 mai, le rapport sur le « Progrès de la mise en œuvre du programme de rétablissement du chevalier cuivré (Monostoma hubbsi) pour la période de 2019 à 2023 ». Tapez le titre du document dans Google, c’est facilement accessible. Dans ce rapport, on cite notre travail de sensibilisation qui n’a jamais été remis en question par les représentants de MPO. Au contraire même, on nous a toujours manifesté de la satisfaction. Le COVABAR patrouille le bassin de Chambly et informe les communautés sur le chevalier cuivré et son habitat depuis 2006. Et depuis ce temps, le gouvernement du Canada par ces divers programmes de soutien financier, a toujours contribué au financement de nos activités de patrouille et de sensibilisation parce que c’était jugé primordial et surtout, que le COVABAR était la seule organisation qui avait développé l’expertise. Pourquoi, aujourd’hui le gouvernement du Canada renonce-t-il à la protection du chevalier cuivré? Nous sommes toujours sans réponses à cette question, et malgré notre demande de révision adressée à la ministre Thompson de Pêches et Océan, nous n’avons reçu qu’une réponse de statu quo. On nous informe qu’il y a un accroissement des demandes et que les choix sont difficiles, malgré que notre projet soit recevable. Pourtant, s’il y a accroissement des demandes, c’est qu’il y a un besoin. Or, le gouvernement du Canada coupe les budgets régionaux. Malgré une grosse annonce de 3,8 milliards $ pour le Plan nature, il y a quelques semaines, la réalité est tout autre. Peu d’argent alloués pour la protection des espèces menacées. Le gouvernement du Canada pratiquerait-il l’écoblanchiment? Des grosses annonces avec peu de moyens réels, semble-t-il? Est-ce qu’il y aura de la patrouille cette année? Nous le souhaitons. C’est pourquoi, nous poursuivons nos démarches pour obtenir d’autres sources de financement. Par ailleurs sur le plan local, nous sommes heureux de constater que nos élus ont à cœur la protection de notre magnifique rivière Richelieu et de sa biodiversité. C’est pourquoi, nous étions heureux de participer jeudi le 28 mai dernier au Colloque « Le Richelieu, une rivière à protéger et à transmettre », organisé par l’équipe du député de Beloeil-Chambly et Chef du Bloc québécois, M. Yves-François Blanchet. Réunissant, près de 80 personnes intéressées, les panélistes issus de différentes sphères d’activités et disciplines scientifiques ont brossé un tableau de l’état de situation de la rivière Richelieu, afin de converger vers des solutions pour la pérennité et la santé de notre magnifique rivière. En conclusion de cette journée, tous étaient d’accord que les solutions doivent naître de la concertation entre les différents acteurs, et que la protection de l’environnement et de notre eau ne peut se dissocier du développement d’une économie respectueuse et équilibrée. Il en va de l’avenir de nos communautés et de l’héritage que nous souhaitons transmettre aux prochaines générations. Cette journée, était pour le moins rassérénante quand on constate la grande volonté, des élus municipaux et des différents acteurs présents, de collaborer à la protection de notre rivière Richelieu qui est la source d’eau potable de 300 000 personnes en Montérégie. Nous tenons à remercier M. Yves-François Blanchet et son équipe pour l’organisation de ce colloque et pour notre invitation à y participer. Cela s’inscrivait bien, à la veille du mois de juin, qui sera le « Mois de l’eau ». Collaborer, se concerter, décider pour l’avenir de notre rivière et la protection de notre eau, c’est cela « Agir bleu ». Sylvain Lapointe Directeur général. |