L’occupation du territoire

La portion américaine du bassin versant correspond à la quasi-totalité (83 %) du bassin hydrographique de la rivière Richelieu, soit un territoire de 19 743 km² chevauchant les États du Vermont et de New York (carte A.13).

Aux États-Unis, le bassin versant est bordé à l’ouest par la chaîne de montagnes des Adirondacks et à l’est par les montagnes Vertes, alors que le centre du bassin est occupé par la vallée du lac Champlain. Ce lac est d’une longueur de 201 km, d’une largeur maximale de 21 km et d’une profondeur maximale de 122 m. Il constitue ainsi le quatrième plus grand lac d’eau douce des États-Unis, en excluant les Grands Lacs.

En 2000, ce territoire comptait 541 000 habitants permanents (72 % dans le Vermont et 28 % dans l’État de New York) établis principalement dans les villes de Burlington (38 889 hab.), Queenbury (25 441 hab.), Plattsburgh (18 186 hab.), Essex Town (18 626 hab.) et Rutland (17 292 hab.) (carte A.12).

À cette population s’ajoute chaque année plus d’un million de visiteurs (Lake Champlain Basin Program, 2006). La densité de population de la portion américaine du bassin versant est de 24 hab./km². Cependant, cette densité double et peut même tripler dans les villes près des berges du lac Champlain.

Le lac Champlain constitue une source d’eau potable pour près de 200 000 habitants, soit près de 35 % des résidents. Les eaux usées de la population sont traitées par 99 stations d’épuration.

Le territoire est essentiellement occupé par la forêt (64 %) et les zones agricoles (16 %) tandis que le réseau hydrographique (lacs et rivières) s’étend sur 10 % du bassin (Lake Champlain Basin Program, 2006). Enfin, les milieux humides (4 %) et les zones urbaines (6 %) n’occupent qu’une faible portion du territoire.

Carte A.11 Variation de la population des municipalités du bassin versant entre 1986 et 2013

Carte A.12   Répartition démographique de la population dans la portion américaine du bassin versant

Carte A.13 Portion américaine du bassin versant

Le bassin versant du lac Champlain

Le lac Champlain ne fait pas exception en ce qui concerne l’impact négatif des nombreuses pressions liées aux activités humaines qu’il subit.

Bien que l’agriculture ne soit pas prédominante, elle contribue à la plus grande partie (56 %) des apports en phosphore au lac et à une part importante de la pollution diffuse (ex. : substances nutritives et matières en suspension) (ministère de l’Environnement et de la Faune, 1995).

Du côté industriel, les rejets de sept usines se déversent directement dans le lac. Ces industries détiennent un permis leur conférant le droit de rejeter certaines concentrations de substances toxiques dans le milieu aquatique.

Par ailleurs, le bassin versant comprend aussi 96 sites d’enfouissement et 34 sites de déchets dangereux. Des teneurs élevées de BPC (biphényle polychloré), HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique), cuivre et zinc ont été relevées dans la baie de Cumberland, alors que les sédiments de la baie Outer Malletts contiennent de fortes concentrations de métaux lourds et d’HAP (McIntosh et coll., 1997).

Commission mixte internationale

Créée en 1912 dans le cadre du Traité des eaux limitrophes de 1909, la Commission mixte internationale (CMI) est un organisme intergouvernemental canado-américain qui vise à réglementer la répartition, la conservation et l’exploitation des ressources hydrauliques le long de la frontière entre les deux pays.

Reconnaissant la nécessité d’agir de façon concertée pour protéger ce lac exceptionnel, c’est-à-dire pour réduire la pollution, pour lutter contre les espèces nuisibles et pour restaurer ses écosystèmes, le gouvernement du Québec signait en 1988, avec les États de New York et du Vermont, une première entente de coopération relative à la gestion du lac Champlain, bassin transfrontalier.

Cette entente fut renouvelée en 1992, en 1996 et en 2000.

Par ailleurs, le Québec et le Vermont ont signé en 2002 une entente complémentaire visant la réduction des charges de phosphore dans la Baie Missisquoi d’ici 2016.

Le Congrès des États-Unis adoptait, en 1990, le Lake Champlain Special Designation Act. Cette loi donnait accès à un financement fédéral versé dans le Lake Champlain Basin Program (LCBP) fondé en 1991.

Dans le cadre du LCBP, un plan d’action (Opportunities for Action: An Evolving Plan for the Future for the Lake Champlain Basin) fut développé et adopté en 1996 par le Comité directeur du lac Champlain (Lake Champlain Steering Committee), présidé par les gouvernements du Québec, du Vermont et de l’État de New York.

Sur ce comité siègent également des représentants du gouvernement fédéral américain, des communautés riveraines ainsi que le comité de bassin de la Corporation du bassin versant de la Baie Missisquoi du côté québécois.

Le LCBP a désigné quatre (4) objectifs comme étant prioritaires :

  • 1) réduire les apports en phosphore dans le lac Champlain afin de favoriser une approche écosystémique de la ressource,
  • 2) préserver la santé des gens et de l’écosystème en réduisant la contamination par des substances toxiques,
  • 3) assurer une meilleure gestion des espèces indigènes afin de protéger l’écosystème et
  • 4) réduire les risques de problèmes de santé occasionnés par les dangers potentiels associés à l’eau.

Il est à noter que ce programme est en constante évolution.

Vue panoramique du lac Champlain