Une inondation, c’est le débordement d’une rivière, d’un lac ou d’une autre plaine d’eau qui provoque ou menace de provoquer des pertes de vie et de biens et des dommages à l’environnement (Environnement Canada, 2014; ministère des Richesses Naturelles Ontario, s.d.). De nombreux facteurs régulent la fréquence et l’intensité des inondations dans la région, tels que :

  • les pluies abondantes;
  • la fonte de la neige rapide, causée par la température élevée;
  • les tempêtes accompagnées de forts vents;
  • les embâcles, surtout pendant les redoux en hiver et le dégel du printemps;
  • les changements climatiques.

Le bassin versant du lac Champlain, situé à l’extrémité nord des états du Vermont et de New York, est entouré par un prolongement des chaines Appalaches de plus de 1000 m d’altitude : les montagnes Adirondack à l’ouest et les montagnes Vertes à l’est.

Ces montagnes jouent un rôle essentiel dans la dynamique hydrographique du bassin du lac Champlain, lequel se déverse et régule à son tour la quantité d’eau qui rentre dans le bassin versant de la rivière Richelieu. Cependant, des inondations indépendantes des flux du lac Champlain peuvent survenir plus en aval du Richelieu et de ses affluents à cause des pluies et embâcles locaux au printemps.

À travers le monde, les inondations représentent l’une des catastrophes naturelles les plus fréquentes dans les dernières décennies, causant le plus de dommages économiques, sociaux et environnementaux (Leaning et Guha-Sapir, 2013; CRED, 2014).

Le bassin versant de la rivière Richelieu ne fait pas l’exception, car le risque d’inondation est bien présent. À cause des activités humaines, les terrains longeant les berges des rivières peuvent être menacés par l’érosion et les glissements de terrain.

Historique des inondations dans le bassin versant de la rivière Richelieu

Plusieurs épisodes de crues ont été enregistrés au 20e siècle, mesurés à Burlington (Vermont) et au barrage Fryers au Québec (Commission Mixte Internationale Canada et États-Unis, 2013).

1927

Un ouragan est survenu en fin de saison à cause des inondations destructrices dans le bassin du lac Champlain et ses affluents. (Programme de mise en valeur du lac Champlain, 2013).

Années 30

Une fonte de neige provenant des montagnes qui entourent le bassin du lac Champlain a provoqué des inondations printanières successives dans les années 30 (Programme de mise en valeur du lac Champlain, 2013). Encore des ouragans survenus à l’automne des années 1936 et 1938 ont causé une importante inondation dans toutes les régions du bassin du lac Champlain et de la rivière Richelieu (Programme de mise en valeur du lac Champlain, 2013).

Années 70

Des évènements considérables de fonte de neige suivie de tempêtes de pluie au printemps ont provoqué des crues tout au long la rivière Richelieu et ont fait augmenter à jamais le niveau du lac Champlain de 0,45 m (1,5 pied) (Programme de mise en valeur du lac Champlain, 2013).

1993 et 1998

Également, en 1993 et 1998, des tempêtes printanières ont causé des inondations dans tout le bassin versant, mais celle de 1993 a fait augmenter le niveau du lac à un nouveau sommet de 31 m (101,9 pieds) (Programme de mise en valeur du lac Champlain, 2013).

2011

L’hiver 2011, les montagnes qui entourent le bassin du lac Champlain ont reçu des précipitations de neige très importantes. Au printemps, une fonte de neige rapide suivie d’un printemps pluvieux a donné naissance aux pires inondations que la région ait connues (voir section D.1.1.2). Cette même année, la tempête tropicale Irene a causé des inondations dévastatrices, mais principalement dans le bassin versant du lac Champlain.

À la suite de chaque grande inondation, la Commission mixte internationale (CMI) a collaboré avec les administrations compétentes des États-Unis et du Canada à diverses études et au développement de recommandations pour atténuer les impacts des futures crues (Commission mixte internationale Canada et États-Unis, 2013).

Par exemple, en 1939, le barrage de Fryers fut construit à l’île du même nom au Québec afin d’éviter de nouvelles inondations via la régularisation du débit du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Cependant, il n’a jamais été utilisé, car on risquait de trop abaisser le niveau des eaux du lac Champlain (Commission mixte internationale Canada et États-Unis, 2013).

Présentement, la CMI évalue de nouvelles mesures d’atténuation pour le bassin versant du lac Champlain et de la rivière Richelieu, à la suite des inondations du printemps 2011.