De plus, les terrains longeant les berges des rivières peuvent être menacés par l’érosion et les glissements de terrain. Au sens large, un glissement de terrain pourrait être défini comme un phénomène géologique où une masse de sol provenant d’un terrain en pente se déplace vers le bas.

Les facteurs pouvant le causer sont nombreux, mais les principaux sont :

  • infiltration de l’eau de ruissellement qui diminue la résistance du sol;
  • construction quelconque en amont (augmentation de poids);
  • mauvais terrassement (diminution des appuis);
  • séisme
  • travaux occasionnant des vibrations (forages, routes, etc.)

Plusieurs secteurs du bassin versant et de la zone Saint-Laurent sont sujets aux glissements de terrain étant donné la nature des sols profonds et à haute teneur en argile.

Au début des années 1980, plusieurs municipalités ont été visitées par des agents du ministère de l’Énergie et des Ressources afin d’identifier certaines zones à risque de glissements de terrain. Plusieurs signalements ont été faits sur les territoires de Sainte-Victoire-de-Sorel, Saint-Roch-de-Richelieu, Saint-Ours et Saint-Denis-sur-Richelieu.

Plusieurs résidences ont dû être évacuées et relocalisées. Il y a eu d’autres signalements, mais avec une importance moindre, soit à Carignan, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Otterburn Park, Mont-Saint-Hilaire et Belœil (ministère de la Sécurité publique, 2015).

D’ailleurs, en octobre 2011, une partie de la route 133 s’est effondrée à Saint-Denis-sur-Richelieu, empêchant la circulation pendant plusieurs semaines.

Sur certains segments des deux routes longeant la rivière Richelieu, des problèmes de stabilisation des berges sont observés par le ministère des Transports du Québec. Celui-ci a d’ailleurs mis en œuvre un Programme de stabilisation de talus et de berges de la rivière Richelieu afin de protéger les infrastructures le long des routes 133 et 223 entre Saint-Basile-le-Grand et Saint-Ours (Dessau et MTQ, 2010).

Il n’est pas toujours facile de prévoir les glissements de terrain, mais la majorité d’entre eux surviennent au printemps et à l’automne. La fonte des neiges, les pluies abondantes, les épisodes de gel et dégel ainsi que les périodes de crues printanières sont tous des facteurs qui peuvent engendrer des glissements de terrain.

La forte teneur en argile des sols le long des cours d’eau fait en sorte que ces terrains sont encore plus sensibles à ce phénomène. De plus, l’artificialisation des berges et la dégradation des bandes riveraines ont pour conséquence que l’érosion est plus intense, ce qui favorise les glissements de terrain.