État des connaissances

À partir de la mise à jour des milieux humides de la région administrative de la Montérégie (Canards Illimités Canada et MDDEFP, 2013), il est possible de déterminer les milieux humides de la zone Saint-Laurent, incluant les îles qui se trouvent sur le fleuve.

Ceux-ci couvrent 8 % du territoire de cette zone, ce qui représente une superficie de 28,4 km² (tableau G.4) (sans les îles, la proportion de milieux humides sur la zone est de 3 %). Les milieux humides les plus fréquemment présents sur ce territoire sont par ordre d’importance, les eaux peu profondes, les marécages et les marais (carte G.3 et figure G.2).

Tableau G.4 Milieux humides présents sur le territoire du bassin versant de la zone Saint-Laurent (incluant les îles)

Classe Nombre Superficie
totale (ha)
Superficie
totale en km2
% de la
zone
Eau peu profonde 109 902,9 9,0 2,57
Marais 221 629,5 6,3 1,80
Prairie humide 170 411,7 4,1 1,17
Marécage 453 804,1 8,0 2,29
Tourbière bog 0 0,0 0,0 0,00
Tourbière fen 0 0,0 0,0 0,00
Tourbière boisée 7 92,9 0,9 0,26
TOTAL 960 2841,2 28,4 8,10

Carte G.3 Milieux humides de la zone Saint-Laurent

Les îles qui se trouvent dans la zone Saint-Laurent (ex. : l’archipel des îles de Boucherville, les îles de Contrecœur, entre autres) possèdent une valeur écologique exceptionnelle, car les milieux humides qu’on y trouve représentent plus de la moitié de la superficie des milieux humides de l’ensemble de cette zone.

En effet, elles seules couvrent 58,69 % du total de milieux humides (figure G.2). Ce résultat peut s’expliquer par le fait que plusieurs de ces îles font partie d’une aire protégée et que les pressions anthropiques exercées sont moindres que dans la portion continentale. Les milieux humides de la partie continentale de la zone Saint-Laurent représentent 41,31 % du total de milieux humides.

Figure G.2 Répartition (%) des milieux humides de la zone Saint-Laurent

Par ailleurs, dans le cadre d’une étude menée par la ville de Longueuil afin d’assurer une gestion intégrée du territoire, un indice de qualité des milieux humides a été déterminé. Les critères utilisés pour déterminer ceux-ci sont : la superficie, la présence d’eau, l’intégrité du milieu adjacent, l’hétérogénéité du milieu, la présence d’espèces floristiques et fauniques désignées menacées, vulnérables ou susceptibles de l’être (ESDMV) et la fragmentation des habitats. Selon les résultats obtenus pour chacun des critères, les sites ont été classés de 1 (indice de qualité la plus faible) à 4 (indice de qualité la plus haute). Chaque site est ainsi présenté selon le type de milieux humides, la superficie, ainsi que par l’indice de qualité. La grande majorité (74 %) de ces milieux humides a un indice de qualité de moyen à faible (tableau G.5).

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Tableau G.5 Indice de qualité des milieux humides sur le territoire de la ville de Longueuil

Indice de qualité Nombre de milieux humides %
1 – Faible 43 15,6
2 – Moyen 165 59,1
3 – Élevé 57 18,5
4 – Très élevé 20 6,9

Source : Alliance Environnement, 2004

Les conclusions de l’étude menée par la ville de Longueuil recommandaient que certains milieux humides fassent l’objet d’une protection particulière. Aussi, les auteurs suggèrent d’élaborer à court terme un programme de conservation et de mise en valeur de ces milieux qui doit prendre en considération les besoins des différents acteurs (villes, ministères, promoteurs, citoyens, organismes de conservation). Finalement, les milieux humides ayant une valeur écologique élevée à très élevée devraient faire l’objet d’une attention particulière.

Suite à cette étude, la ville de Longueuil a adopté, en 2005, une Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels. Cette politique identifie les secteurs d’intérêt écologique et la Ville de Longueuil compte assurer la viabilité à long terme des milieux naturels, tout en les intégrant à l’intérieur d’un développement urbain adapté et durable. La carte G.4 montre les huit grands secteurs d’intérêt écologique qui ont été ciblés (Ville de Longueuil, 2005).

Disparition des milieux humides de la zone Saint-Laurent

Ensemble, le milieu agricole et le milieu urbain occupent 277,6 km2 du territoire de la zone Saint-Laurent, lequel équivaut au 84,8 % du territoire.

Ce pourcentage d’occupation du sol indique la forte pression subie par les milieux humides présents dans cette zone. Par exemple, 68,5 % du nombre total de milieux humides de cette zone sont affectés par quatre activités principales, notamment les activités agricoles, le transport, les secteurs industriels, commerciaux et résidentiels.

Seulement 24 % du nombre de milieux humides ne possède aucun type de pression (tableau G.6).

Tableau G.6 Superficie des milieux humides de la zone Saint-Laurent subissant des pressions extérieures

Type de pression observée Nombre Superficie (ha) Superficie (km2) Nombre (%) Superficie (%)
Agricole 283 691,9 6,9 29,5 24,4
Aucune pression identifiée 238 1 153,8 11,5 24,8 40,6
Transport 156 282,0 2,8 16,3 9,9
Résidentielle 82 161,6 1,6 8,5 5,7
Industrielle – Commerciale 137 328,8 3,3 14,3 11,6
Récréative 23 36,7 0,4 2,4 1,3
Canal de drainage 17 156,5 1,6 1,8 5,5
Énergie 21 23,6 0,2 2,2 0,8
Espèces envahissantes 3 6,3 0,1 0,3 0,2
Total 960 2841,18 28,4 100,0 100,0

Source : Alliance Environnement, 2004