F.2.1 Aperçu général de la flore

La flore est un élément essentiel pour la faune en étant à la base de la chaîne alimentaire et en lui offrant un habitat essentiel à sa survie (abri, reproduction, etc.). La végétation est aussi indispensable au bon fonctionnement d’un bassin versant. Malgré leurs rôles bénéfiques, les forêts et les bandes riveraines disparaissent peu à peu.

wikipedia.org
Érable à sucre Acer saccharum  
Quenouille à feuilles larges Typha latifolia
wikipedia.org
Bardane             Arctium lappa
F. Bourassin,
Asclépiade commune  Asclepias syriaca
E. Lenormand

Quelques plantes courantes du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent :

F.2.2 Espèces floristiques menacées, vulnérables ou susceptibles d’être désignées menacées

Une espèce sera désignée menacée si l’on croit qu’il y a des risques qu’elle disparaisse. Elle sera considérée comme une espèce vulnérable si sa survie est problématique, mais que sa disparition n’est pas redoutée. Lorsqu’une espèce est désignée menacée ou vulnérable, un plan d’action est mis en place pour améliorer la situation.

Dans le bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone St-Laurent, il y a présence de huit espèces floristiques désignées comme menacées pour les deux territoires, c’est-à-dire six pour le bassin versant, une pour la zone St-Laurent et une espèce commune aux deux, et cinq désignées vulnérables, cinq exclusives au bassin de la rivière Richelieu, une à la zone St-Laurent et une commune aux deux selon la Loi québécoise sur les espèces menacées ou vulnérables (L.R.Q c. E-12.01). Il y a aussi 86 plantes susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables sur les territoires de la zone St-Laurent et du bassin versant, 61 d’entre elles étant exclusives au bassin de la rivière Richelieu (Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, 2014).

Espèces menacées :

Aplectrelle d’hiver
Jeff Hapeman

Aplectrelle d’hiver (Aplectrum hyemale)

Cette orchidée vivace de la famille des orchidacées atteint jusqu’à 50 cm de hauteur. Son unique feuille ne se déploie qu’à l’automne et perdure jusqu’au printemps. Elle pousse dans les érablières à érables à sucre de la région de la Montérégie uniquement. Les facteurs affectant sa survie comprendraient le climat (ex. : tempête de verglas de 1998) et des pratiques d’aménagement forestier non appropriées. Le morcellement du paysage et la biologie complexe de l’aplectrelle d’hiver seraient responsables de son expansion limitée au Québec. Puisqu’il s’agit d’une orchidée, son commerce est réglementé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, Convention de Washington, 3 juillet 1975).

Arisème dragon (Arisaema dracontium) (R)

Cette plante herbacée vivace fait partie de la famille des aracées et mesure de 5 à 110 cm de hauteur. Au Québec, on la retrouve du lac Saint-Louis jusqu’au lac Saint-Pierre avec une population distincte le long du Richelieu. Elle habite les plaines inondables. Le développement urbain, les loisirs, l’érosion des rives et la gestion des niveaux d’eau constituent des menaces pour cette plante qui a une fécondité faible et dont les populations sont petites (MDDEFP, 2001).

Aster à rameaux étalés
Janet Novak 2000

Aster à rameaux étalés (Eurybia divaricata) (R) Cette plante herbacée vivace, issue d’un rhizome, possède une tige mesurant 20 à 80 cm de hauteur et fait partie de la famille des astéracées. Au Québec, elle est retrouvée souvent dans des sites rocheux et plutôt secs. Elle est limitée à la vallée du Richelieu, à la frontière Québec-Vermont et aux Montérégiennes (Rougemont). Cette espèce croît sous un couvert forestier, mais elle est tolérante à la lumière et souvent associée aux trouées causées par la chute d’un arbre. Le développement urbain et agricole, la coupe forestière, des pratiques non appropriées d’aménagement forestier et la fermeture de la canopée constituent les principales menaces à la survie de l’espèce (MDDEFP, 2002).

Carex digital (Carex digitalis var. digitalis) (StL)

Carex digital
© Arold Lavoie

Le carex digital est une herbacée vivace de la famille des cypéracées qui ne présente qu’une seule occurrence au Québec. On le reconnaît à ses touffes denses au port lâche dont la base est brunâtre à blanchâtre. Les tiges peuvent atteindre de 10 à 30 cm de longueur. La seule occurrence au Québec se trouve en milieu forestier dominé par l’érable à sucre, le hêtre à grande feuille et le chêne rouge. Les trouées dans la canopée seraient profitables à la plante. Le carex digital se trouvant en milieu protégé, on le considère comme peu menacé par les activités humaines (MDDEFP, 2009)

Carex faux-lupulina
MDDEP

Carex faux-lupulina (Carex lupuliformis) Cette plante herbacée vivace de la famille des cypéracées mesure généralement de 30 à 80 cm. Elle croît en touffes constituées de 5 à 30 tiges dressées et issues d’un rhizome. Au Québec, on la retrouve seulement dans les marais ou rivages sablonneux inondés par les crues printanières aux abords de la rivière Richelieu et du lac des Deux-Montagnes (MDDEFP, 2001). Les principaux facteurs la menaçant sont le développement urbain et agricole, l’érosion, l’artificialisation du réseau hydrique et la compétition avec des espèces exotiques envahissantes, comme l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) et le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) (Institut de recherche en biologie végétale, s.d.). Il existe aujourd’hui un plan de rétablissement pour cette espèce.

Pierre Petitclerc, MRN

Érable noir (Acer nigrum)

L’érable noir ressemble à l’érable à sucre. Il possède de grandes feuilles trilobées vert foncé et duveteuse. Il recherche l’ombre et les sols humides et calcaires. Le développement urbain constitue la principale menace à sa survie (MDDELCC, 2015)

Ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius) 

Ginseng à cinq folioles
MDDELCC

Cette plante herbacée de la famille des araliacées est vivace et issue d’un rhizome. Elle fleurit après 3 à 4 ans. La tige mesure de 20 à 35 cm de haut. Sa distribution québécoise couvre principalement la Montérégie, mais il est possible d’en retrouver aussi dans d’autres régions telles que l’Outaouais, les Laurentides, Lanaudière, l’Estrie, le Centre-du-Québec et dans la région de la Capitale-Nationale. Les érablières à érables à sucre constituent son principal habitat. Plusieurs facteurs nuisent à son développement tels la cueillette, les pratiques non appropriées d’aménagement forestier, les effets de la tempête de verglas de 1998 ainsi que la disparition et la dégradation de son habitat. En plus d’être utilisées à des fins médicinales depuis 5000 ans par les Chinois et depuis longtemps par les Premières Nations, les plantes du genre panax sont également employées en cuisine (MDDEFP, 2001).

Jonc à tépales acuminés (Juncus acuminatus)

Le jonc à tépales acuminés est une plante de la famille des joncacées présentant des touffes mesurant entre 14 et 100 cm de hauteur. Son inflorescence se présente sous forme de panicules terminales, composées de 5 à 50 capitules munis de 2 à 50 fleurs brunes ou verdâtres dont l’apex nettement acuminé explique le nom. Le jonc à tépales acuminés est une espèce de plein soleil associée aux milieux humides. La seule occurrence de la plante au Québec serait menacée par le projet de prolongement de l’autoroute 35 (MDDEFP, 2009)

Orme liège (Ulmus thomasii)

De la famille des ulmacées, cet arbre, atteignant 25 m de hauteur et 75 cm de diamètre, peut vivre jusqu’à 175 ans. Il pousse principalement sur des affleurements, escarpements et dallages de calcaire, de dolomie ou de marbre. Les occurrences récentes correspondent pour la plupart à de petites populations ou à des individus isolés qui se trouvent en territoire urbanisé. Le développement urbain et agricole, l’exploitation de carrières, la coupe accidentelle d’individus ou des pratiques forestières défavorables à la régénération de l’espèce constituent les principales menaces à la survie de cet arbre. De plus, les individus matures sont souvent affectés par la maladie hollandaise de l’orme (MDDEFP, 2005). 

Pin rigide (Pinus rigida) 

MDDEP

De la famille des pinacées, ce conifère pouvant mesurer 20 m de hauteur, dont les aiguilles sont groupées par trois et atteignent 12 cm de longueur, peut vivre 200 ans. Seule la Montérégie fait partie de son aire de distribution au Québec, où il pousse dans les milieux sablonneux ou affleurements rocheux dont le sol est pauvre et sec. Les feux de forêt participent au maintien de l’espèce en permettant l’ouverture des cônes sérotineux. On ne trouverait qu’entre 3 000 et 4 000 individus au Québec. L’étalement urbain et la conversion de boisés en terres agricoles sont des facteurs qui nuisent à l’espèce (MDDEFP, 2005).

Phégoptère hexagone (Phegopteris hexagonoptera)

MDDEP
Phégoptère hexagone
MDDEP

Cette fougère vivace de la famille des thélyptéridacées mesure de 30 à 60 cm de hauteur. Elle possède des frondes toutes semblables ne persistant pas durant l’hiver. Au Québec, elle pousse seulement dans les sous-bois des érablières matures caractérisés par une strate arbustive peu développée de la région de la Montérégie et des Laurentides. Le développement urbain et agricole ainsi que les aménagements forestiers pouvant ne pas être appropriés constituent tous des menaces pour cette fougère. Aussi, il s’agit d’une plante très sensible aux changements microclimatiques occasionnés par un changement de couvert forestier. D’ailleurs, la tempête de verglas de 1998 a probablement beaucoup nui à cette espèce (MDDEFP, 2001).

Thélyptère simulatrice (Thelypteris simulata)

De la famille des thélyptéridacées, cette fougère vivace, dont les frondes séparées de 1 à 2 cm les unes des autres poussent le long d’un rhizome, mesure de 25 à 80 cm de hauteur. On peut l’observer uniquement dans les tourbières boisées de la région de la Montérégie. L’extraction de la terre noire, le développement urbain et agricole ainsi que le drainage des milieux humides menacent la survie de cette fougère (MDDEFP, 2002).

Espèces désignées vulnérables

Adiante du Canada (Adiantum pedatum)

Robert H. Mohlenbrock, USDA
Adiante du Canada

De la famille des ptéridacées, cette plante herbacée vivace, de 40 à 75 cm de hauteur est issue d’un mince rhizome horizontal. Les conditions propices à la croissance de l’adiante du Canada ne se rencontrent que dans les érablières riches et humides du sud du Québec. L’espèce pousse à l’ombre. Plusieurs facteurs contribuent à sa raréfaction : le broutage par le cerf de Virginie, la coupe forestière, certaines pratiques non appropriées d’aménagement forestier et la destruction de son habitat résultant du développement urbain et agricole. Le prélèvement de spécimens entiers aux fins du commerce horticole exerce également une pression non négligeable sur les populations sauvages de l’espèce (MDDEFP, 2005)

Ail des bois (Allium triccocum)

Feuille de l’ail des bois Source: Encyclopédie de l’Agora
Bulbe de l’ail des bois Source: Semaine verte

Cette plante herbacée vivace dont les feuilles ressemblent à celles du muguet fait partie de la famille des liliacées. Issue d’un bulbe mesurant de 2 à 6 cm de longueur, cette plante peut mesurer de 15 à 40 cm de haut. Sa distribution québécoise couvre plusieurs régions : Outaouais, Laurentides, Lanaudière, Montérégie, région de Montréal, Estrie, Mauricie, Centre-du-Québec, région de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Elle pousse dans les forêts dominées par l’érable à sucre. Le développement urbain et agricole, ainsi que la cueillette des bulbes constituent les principales menaces pour la survie de cette plante désignée vulnérable. De plus, le bulbe est utilisé en cuisine, mais son extraction entraîne la mort de la plante (MDDEFP, 2001).

Asaret gingembre (Asarum canadense)

J. Anderson, 2002
Asaret gingembre

Cette plante herbacée vivace, de la famille des aristolochiacées, possède un rhizome à l’odeur de gingembre. L’asaret gingembre forme souvent un tapis dense et bas au sol et pousse à l’ombre. Les conditions propices à la croissance de cette plante ne se rencontrent que dans les érablières riches et humides du sud du Québec. Cette plante est également menacée par le broutage du cerf de Virginie, la coupe forestière, certaines pratiques non appropriées d’aménagement forestier, la cueillette de spécimens entiers et la destruction de son habitat résultant du développement urbain et agricole qui entraîne son déclin.

Cardamine carcajou (Cardamine diphylla)

La cardamine fait partie de la famille des brassicacées. Cette plante herbacée vivace est de petite taille et produit des fleurs blanches. Cette espèce recherche des milieux riches en humus et très humides au printemps. La cardamine carcajou ne se rencontre que dans les forêts riches et humides du sud du Québec. Bien que sa disparition ne soit pas appréhendée pour le moment, certains facteurs contribuent à sa raréfaction : le broutage par le cerf de Virginie, la coupe forestière, certaines pratiques non appropriées d’aménagement forestier, la destruction de son habitat résultant du développement urbain et agricole et le prélèvement de la plante aux fins du commerce de l’horticulture et de l’alimentation (MDDEFP, 2005).

Conopholis d’Amérique (Conopholis americana)

Le conopholis d’Amérique est une plante dépourvue de chlorophylle ressemblant un peu à une pomme de pin blanchâtre. Il peut atteindre une taille de 5 à 25 cm de hauteur et est complètement glabre. Parasite du chêne rouge, on le retrouve au pied de celui-ci. Le conopholis d’Amérique est menacé par la perte de son habitat.