En Montérégie, il est possible d’observer 354 espèces d’oiseaux différentes selon Lepage (2007) dans le bassin versant, dont une est menacée. Les études menées par le Centre de la Nature du mont Saint-Hilaire ont permis d’inventorier 201 espèces sur le mont, dont environ 80 nicheuses. Sur le territoire des municipalités de Chambly, Richelieu et Saint-Mathias-sur-Richelieu, il a été recensé environ 171 espèces (données EPOQ).

Espèces menacées

Paruline azurée (Dendroica cerulea) bassin versant du Richelieu

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Paruline azurée (Dendroica cerulea)
Crédit photo : Wikipedia par MdF

La paruline azurée est un petit passereau d’une dizaine de centimètres. Le mâle a le dessus du corps bleu et le ventre blanc, alors que la femelle a le haut du corps turquoise et le ventre blanchâtre.

La paruline azurée n’est retrouvée qu’en Ontario et au Québec, où on l’observe généralement dans la région de Montréal, en Montérégie et en Outaouais. On estime son abondance au Québec à seulement quelques dizaines de couples. Espèce migratrice, elle passe l’hiver en Amérique du Sud.

La paruline azurée fréquente les forêts matures dans la canopée desquelles elle s’alimente, et leur modification, qu’elle soit d’origine naturelle ou anthropique, semble nuire énormément à l’espèce.

On a noté une diminution des observations au mont St-Hilaire suite à la tempête de verglas du début des années 80. La fragmentation et la perte d’habitat contribuent ainsi à la raréfaction de l’espèce.

Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus)

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Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus)
Crédit photo : Wikipedia par David Menke

Cette espèce est associée au milieu ouvert et est souvent associée aux pâturages. Alors que ce passereau était commun au début du siècle, maintenant seuls quelques individus ont été signalés dans les dernières années.

Aucun facteur ne semble expliquer totalement le déclin de cette espèce, mais le changement de configuration du milieu agricole pourrait en expliquer une partie. La pie-grièche est presque de la même taille qu’un merle d’Amérique et possède un masque facial noir et un bec crochu. Elle a la nuque, le croupion, la tête et le dos gris. Sa poitrine et son ventre sont blancs.

Cet oiseau niche dans les milieux ouverts. Bien qu’il mange des insectes, il est considéré comme carnivore. Cette particularité fait de lui un allié pour les agriculteurs puisqu’il mange les sauterelles et des petits mammifères qui peuvent nuire aux récoltes. N’ayant pas de serres suffisamment fortes pour tuer leurs proies, les pies-grièches utilisent les fils barbelés, les épines ou les branches en forme de fourche pour les manger, une caractéristique qui leur est propre.

La pie-grièche migratrice se reproduit dans le sud de l’Est du Canada et aux États-Unis. L’hiver, elle migre vers le sud des États-Unis et au Mexique. Sa situation est critique partout au Canada. Bien qu’au début du XXe siècle, cet oiseau fut abondant au Québec, il y est maintenant dénombré qu’un petit nombre (19 couples observés entre 1980 et 1999) (MRNF, 2007) (figure F.1).

De nombreuses raisons peuvent expliquer le déclin de l’espèce. Premièrement, les modifications apportées aux terres agricoles peuvent en expliquer une grande partie. En effet, l’agriculture a beaucoup changé au cours des dernières décennies (ex. : monoculture de maïs, diminution de la superficie des pâturages et des haies, etc.).

L’utilisation de pesticides pourrait aussi être une cause. Il ne faut pas oublier que ces changements ne sont pas survenus qu’au Québec, mais aussi ailleurs dans son aire de distribution hivernale, ce qui lui nuit doublement.

Un plan de rétablissement a été mis en œuvre en 1993 pour cette espèce en déclin afin de maintenir, ou d’augmenter, le nombre d’individus. Ce plan a permis de caractériser son habitat de nidification et de faire un suivi des populations. Le plan proposait aussi l’établissement d’une population en captivité pour ensuite les libérer dans la nature.

Selon une étude effectuée en Outaouais (Desjardins, 2005), la réintroduction d’individus fonctionne bien et il se pourrait que le projet soit reconduit dans le bassin versant de la rivière Richelieu.

Figure F.1.   Lieu de nidification de la pie-grièche migratrice au Québec
Source : Environnement Canada

Râle jaune (Coturnicops noveboracensis)

Râle jaune (Coturnicops noveboracensis)

Le râle jaune est un petit oiseau de marais au comportement discret. Son plumage est chamois, avec quelques barres noires et blanches, et il se distingue en vol par une tache blanche sur l’aile. Son corps est comprimé latéralement et ses longs doigts lui permettent de se déplacer facilement dans la végétation aquatique. Il se reproduit presque exclusivement au Canada et dans le nord des États-Unis. Son aire de répartition au Québec est environ du quart de son aire de répartition mondiale. Il niche dans le sud du Québec dans des marais d’eau douce ou saumâtre où la végétation est dense et courte. Le râle jaune est particulièrement menacé par la disparition des milieux humides dont la perte est estimée à au moins 50 % des rives du Saint-Laurent au siècle dernier.

Espèces vulnérables

Faucon pèlerin (Falco pelegrinus)

La sous-espèce anatum de faucon pèlerin est vulnérable. L’utilisation massive de dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) dans les années 1950-1960 serait la principale cause du déclin des populations. En effet, l’accumulation de DDT dans la chaîne alimentaire et sa constante présence dans l’environnement des faucons ont causé de nombreux problèmes de reproduction chez l’espèce. De plus, les dérangements humains lors de la nidification, le développement urbain et récréatif sont aussi d’autres facteurs pouvant nuire à l’espèce. Dans le bassin versant, ell eniche, entre autres, sur les falaises du mont Saint-Hilaire.

Petit blongios (Ixobrychus exilis)

Le petit blongios est un oiseau discret de marais d’eau douce se reproduisant dans le sud de l’Ontario, du Manitoba et du Québec, ainsi que dans les Maritimes. Il est difficile à observer, car il se glisse dans la végétation dense des milieux humides. La perte d’habitat est responsable de la baisse des effectifs (Biodôme de Montréal, 1999).