Musée de l’histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse

Dans la zone du Richelieu et au mont Saint-Hilaire, il est possible d’observer la quasi-totalité des reptiles et amphibiens du Québec, soit 33 espèces sur un total de 36. Cette faune est aujourd’hui très menacée par la déforestation de plus en plus importante et l’assèchement des zones humides. Les amphibiens en particulier sont très sensibles à la présence de substances toxiques dans l’eau. De plus, l’artificialisation des berges détruit une grande partie de leur habitat. Par ailleurs, l’augmentation des réseaux routiers supprime les corridors écologiques nécessaires aux échanges entre populations animales et aux migrations.

Grenouille des marais  

Sur le territoire du bassin versant de la rivière Richelieu, une espèce est menacée, trois sont vulnérables et trois espèces sont susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. La grenouille des marais (Rana palustris), la salamandre à quatre orteils (Hemidactylium scutatum) et la salamandre sombre du Nord (Desmognahus fuscus) sont les espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables

Espèces menacées

Tortue molle à épines (Apalone spinifera spinifera)

www.slv2000.qc.ca
Tortue molle à épines
www.slv2000.qc.ca

Au Québec, elle se retrouve dans la baie Missisquoi et au lac Champlain (figure F.2). Il y a aussi eu des mentions de la présence de cette tortue dans la rivière Outaouais, dans l’embouchure de la rivière aux Brochets ainsi que dans la rivière du Sud et L’Acadie (Rioux et Desroches, 2007). Ces deux dernières sont des tributaires du bassin versant de la rivière Richelieu. Cependant, on la retrouve en petit nombre et elle est géographiquement isolée des grandes colonies de l’Amérique du Nord. Plusieurs activités anthropiques nuisent aux populations de tortues, par exemple, la construction de barrages, le dérangement aux aires de pontes, la modification des niveaux de l’eau de la rivière, etc. Malheureusement, il y a aussi des facteurs sur lesquels il est impossible d’agir comme le climat froid qui ralentit la croissance des tortues. La tortue molle à épines est une tortue d’eau douce de taille moyenne qui est distincte et facile à reconnaître. Son profil plat et sa carapace arrondie l’ont fait surnommer « tortue crêpe ». Bien que la plupart des autres tortues aient une carapace dure, celle de la tortue molle à épines a la consistance du cuir et est ornée de projections épineuses peu apparentes le long de la bordure antérieure. Les mâles adultes sont beaucoup plus petits, mesurant en général entre 12,5 et 23,5 cm tandis que les femelles peuvent mesurer le double.

PHOTO Tortue molle à épines

De nos jours, il n’y a plus que deux sous-populations présentes. L’une d’elles est en Ontario près des Grands Lacs tandis que la deuxième se trouve au Québec. Cette colonie est estimée à une centaine d’individus (Rioux et Desroches, 2007).

Figure F.2    Aire de répartition de la tortue molle à épines.

La dégradation de son habitat est probablement la principale cause de la diminution des populations. En effet, les modifications apportées aux berges à des fins de développement urbain ou agricole ont entraîné une diminution des lieux propices à la ponte pour cette tortue. Par ailleurs, la présence d’activités humaines de plus en plus fréquentes et près de son habitat occasionne un haut taux de stress chez les individus. Cette augmentation d’activités accroît aussi les risques de blessures ou de collisions avec cette bête (ex. : collision par un bateau, capture dans les filets de pêche, etc.). Tout cela s’accompagne d’une augmentation de la pollution de l’eau qui lui est aussi néfaste. De plus, la modification du niveau des eaux peut entraîner la destruction des œufs lors de la saison de ponte ou causer leur mort par le froid.

Un plan de rétablissement de l’espèce a été mis en place en 1997. Il visait 1) la protection des habitats de deux populations de tortues molles à épines, 2) à s’assurer que les tortues utilisent ces habitats, 3) à ce qu’elles s’y reproduisent et 4) au maintien possible à long terme. À la suite de ce plan, des études de télémétrie ont été effectuées au lac Champlain. Donc, maintenant, son aire de répartition et les habitats les plus fréquentés sont connus.

Espèces vulnérables

Rainette faux-grillon de l’Ouest (Pseudacris triseriata)

Cette petite grenouille a une taille variant de 2 à 4 cm. Au Québec, elle est présente seulement en Outaouais et en Montérégie. Les enjeux sont majeurs, principalement en Montérégie, où l’espèce est en déclin à cause du développement urbain et de l’intensification de l’agriculture. La fragmentation de l’habitat empêche une recolonisation et limite les échanges génétiques, ce qui entraîne une perte de diversité génétique.

Tortue géographique (Graptemys geographica)

La tortue géographique se retrouve partout dans les plans d’eau des grandes régions de Montréal et de Québec. Il existe plusieurs actions qui peuvent nuire à la survie de cette tortue, notamment la modification des berges, le changement du niveau des eaux pendant la saison de nidification et la pollution. La perte de sites d’exposition au soleil (arbre mort dans l’eau, roches) constitue également une perte d’habitats essentiels pouvant nuire à sa survie.Puisqu’il s’agit d’une espèce très nerveuse, elle sera aussi facilement affectée par le dérangement. 

Tortue des bois (Clemmys insculpta)

Cette tortue peut être majoritairement observée en Montérégie, en Estrie, en Outaouais et en Mauricie. C’est d’ailleurs dans cette dernière région que l’on retrouve la plus grande colonie au Canada. L’augmentation d’activités anthropiques (ex. : urbanisation, loisir, etc.), le braconnage et la prédation des nids sont des facteurs qui nuisent à la survie des tortues des bois.

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