La production végétale pour le territoire

La production végétale du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent est principalement constituée de céréales (carte E.1). En effet, celles-ci représentent 81 % de la production végétale alors que les fourrages (tous types inclus) occupent 6 % de la région (La Financière agricole, 2012).

Il est important de noter que de toutes ces cultures, ce sont celles du maïs et du soya qui dominent avec respectivement 71 617 ha et 45 270 ha, soit 45,9 % et 29 % du total de la superficie utilisée à des fins de production végétale (cartes E.2, E.3 et E.4).

Les superficies des types de culture par sous-bassin du bassin versant de la rivière Richelieu et par bassin versant de la zone Saint-Laurent sont présentées à l’annexe E.1.

Selon les données de 2012 de La Financière agricole, le territoire cultivé assuré compte une superficie totale de 155 906 ha (tableau E.1 et E.2). Néanmoins, la culture à grand interligne demeure de loin la plus présente. D’ailleurs, la superficie des terres consacrées à cette culture n’a fait qu’augmenter au cours des deux dernières décennies tandis que la culture à interligne étroit et la culture fourragère ont perdu en superficie (MAPAQ, 1996; MAPAQ, 2006; La Financière agricole, 2012).

Type de cultures Superficie en km²* % du territoire
Autres céréales 5,48 0,2
Avoine 2,78 0,1
Blé 50,86 2,0
Canola 0,18 0,0
Chanvre 1,38 0,1
Cultures mixtes 14,38 0,6
Foin 90,67 3,6
Maraîcher 22,98 0,9
Maïs 716,17 28,1
Orge 10,98 0,4
Pas d’informations 190,01 7,5
Soya 452,7 17,8
Petits fruits 0,49 0,0
Total 1559,06 61,2

* Selon la base de données de culture assurée (BDCA) de La Financière agricole du Québec, qui représente environ 81 % de la superficie agricole du territoire

Tableau E.1 Types de cultures pour le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent

Agriculture* Superficie cultivée en 2012 (ha) Proportion (%)
Grand interligne 117 025 75,1 %
Interligne étroit 9 375 6,0 %
Fourrage 9 067 5,8 %
Autre 20 439 13,1 %
Superficie totale cultivée 155 906 100 %

* Grand interligne : maïs-grain, maïs fourrager, pomme de terre, soya, pois, haricots, etc. Interligne étroit : avoine-grain, orge, blé, seigle, céréales mélangées, etc. Autres : fruits, fourrages…

Tableau E.2 Superficies cultivées en 2012 dans le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent Source : Base de données des cultures assurées – La Financière agricole du Québec

Dans la région, la production de céréales et de protéagineux est celle qui génère le plus de revenus dans le monde agricole. Plus de la moitié des oignons sont cultivés à Saint-Patrice-de-Sherrington et la majorité des tomates sont produites à Sainte-Marie-Madeleine.

Au total, 3,3 % du territoire cultivé est utilisé afin de produire des légumes de transformation (ex. : haricots, maïs et pois). Environ 15 % des terres utilisées pour produire des pommes au Québec se situent dans le bassin versant de la rivière Richelieu (MAPAQ, 2006).

La MRC de Rouville, qui couvre près de 40 % du bassin versant, produit 35 % des pommes du Québec (Chevrier, 2005). D’ailleurs, 308 hectares sur 1052 sont utilisés pour la production de pommes à Rougemont (situé dans la MRC de Rouville) (MAPAQ, 2006). De nombreux vergers sont également présents à Hemmingford, Mont-Saint-Hilaire, Mont-Saint-Grégoire et Saint-Jean-Baptiste.

Il est cependant indéniable que toutes ces productions à grande échelle ont un impact sur les milieux aquatiques adjacents et en aval. En effet, selon une étude de Gangbazo (MDDEP, 2005b), la teneur en phosphore des cours d’eau est corrélée aux superficies en grandes cultures. Il devient donc primordial que des décisions soient prises afin que des interventions puissent avoir lieu dans le but d’améliorer la qualité de nos rivières.

La production animale dans le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent

Au total, 80 159 unités animales (u.a.) vivent dans le bassin versant de la rivière Richelieu.

Les volailles occupent le premier rang en termes de nombre d’individus avec 13 901 unités de volailles, ce qui représente plus de 2,5 millions d’individus se retrouvant sur le territoire.

Au deuxième rang arrivent les porcs. Il y en a près de 300 000 dispersés dans la région dans 25 municipalités.

Enfin, les bovins, rassemblant à eux seuls 31 817 unités animales, constituent la troisième population représentative du cheptel présent dans le bassin versant de la rivière Richelieu. Les bovins laitiers comptent pour la principale partie avec 26 311 u.a., contre 5 506 u.a. pour les bovins de boucherie.

Le tableau E.3 démontre donc que le principal moteur au niveau de l’élevage est constitué des volailles et des porcs. Ainsi, le nombre de bovins et d’ovins a diminué alors que le nombre de porcs et de volailles a augmenté considérablement.

On note une augmentation de 30 % pour la production de porcs et de 45 % pour celle de la volaille en 12 ans. La venue de quelques porcheries dans le bassin versant (ex. : à Richelieu et à Saint-Cyprien-de-Napierville) peut expliquer ce phénomène.

Outre les productions animales populaires (bovin, porc et volaille), d’autres types d’élevages se retrouvent à l’intérieur du bassin versant de la rivière Richelieu. Entre autres, il y a une dizaine de chèvreries, des élevages de pintades à Saint-Antoine, de veaux de lait à Marieville, de canards gavés à Chambly et Marieville, etc.

Pour ce qui est des productions agricoles animales de la zone Saint-Laurent, il y a présence de production laitière seulement à Verchères et Varennes. La production laitière représente la plus grosse production de la zone. Le volume rencontré dans cette zone est très largement inférieur à celui du bassin versant de la rivière Richelieu.

Carte E.1 Types d’agriculture selon la municipalité

Carte E.2 Types d’agriculture selon les parcelles
Carte E.3 Types d’agriculture selon les parcelles (nord de la zone)
Carte E.4 Types d’agriculture selon les parcelles (sud de la zone)
Tableau E.3 Production animale en 2010 dans le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent

Agriculture biologique

Selon le MAPAQ (2007), l’agriculture biologique se définit comme suit :

« En principe, l’agriculture ou la culture biologique “produit des aliments” sans l’aide d’aucun élément chimique, quel qu’il soit. Le terme “biologique” décrit un mode de production ou de culture sans recours aux engrais chimiques, pesticides, fongicides, herbicides et antibiotiques. Cette agriculture décline également l’emploi d’hormones, d’agents de conservation, de colorants et autres additifs alimentaires, d’irradiation et de recombinaison génétique. »

Ce type d’agriculture permet de respecter les cycles naturels, de diminuer l’impact sur la fertilité des sols et d’éliminer la monoculture à grande échelle (MAPAQ, 2007). De plus, il favorise l’équilibre de l’écosystème par la coexistence des milieux forestiers, agricoles et horticoles. Ainsi, les cultures sont diversifiées.

Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) a juridiction sur les produits agricoles et alimentaires portant une appellation réservée et qui sont vendus sur le territoire québécois.

Le CARTV agit également comme autorité compétente au nom du MAPAQ afin, entre autres, d’accréditer les organismes de certification qui satisfont au référentiel qui les concerne, dont la production biologique (CARTV, 2015).

L’appellation biologique est réservée au Québec depuis 2000. Donc, au Québec, tout produit agroalimentaire s’identifiant comme biologique doit répondre à des normes et avoir été certifié par un certificateur accrédité par le CARTV (CARTV, 2015).