Réseaux de distribution

Selon le Règlement sur la qualité de l’eau potable (LRQ c Q-2, r. 40), un système de distribution d’eau potable desservant plus de 20 personnes est tenu d’effectuer des tests bactériologiques chaque mois, la fréquence étant déterminée selon le nombre de personnes desservies.

De plus, les eaux délivrées par un système de distribution doivent subir un traitement de filtration et de désinfection en continu si elles proviennent d’eaux de surface ou encore d’eaux souterraines dont la qualité microbiologique est susceptible d’être altérée par des eaux de surface.

Un contrôle de plusieurs substances inorganiques établies est aussi exigé chaque année et quatre contrôles par année doivent être faits pour ce qui est des nitrates-nitrites.

Également, les eaux désinfectées avec du chlore doivent subir un test quatre fois par année pour vérifier la présence de résidus chlorés. Les autres substances organiques (comme les pesticides) doivent être contrôlées seulement si plus de 5 000 personnes sont desservies par le réseau (RLRQ c Q-2, r. 40, a. 4, 11, 14, 18, 19).

Les concentrations de pesticides sont analysées dans quelques réseaux municipaux d’eau potable (tableau C.8). Malgré la présence de pesticides, la concentration ne dépasse pas les normes d’eau potable.

Tableau C.8 Pesticides détectés dans les réseaux de distribution d’eau potable du territoire

Tableau C.8 Pesticides détectés dans les réseaux de distribution d’eau potable du territoire

Certaines usines de production d’eau potable font partie du Programme d’excellence en eau potable.

Ce programme consiste à atteindre des critères de qualité d’eau plus élevés que ceux énoncés dans le Règlement sur la qualité de l’eau potable.

Parmi les 30 usines faisant partie du programme en février 2014, aucune n’est située sur le territoire (Réseau Environnement, 2015).

Altérations de la qualité de l’eau

La qualité de l’eau potable peut être altérée par différents facteurs, notamment par

  • les microorganismes,
  • les substances toxiques
  • et les contaminants biogéniques (engrais).

Une surabondance de phosphore dans un plan d’eau contribuera à la prolifération d’algues ainsi qu’à l’accroissement des populations de macrophytes et de phytoplanctons.

Une surpopulation de cyanobactéries causera également une toxicité (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2014), d’où la nécessité d’ajouter des traitements pour éliminer les toxines et éviter un avis de non-consommation de l’eau.

La présence de ces microorganismes à proximité des prises d’eau brute des usines de filtration oblige les exploitants de ces usines (ex. : usine de Saint-Jean-sur-Richelieu en 2008 et 2009) à faire des suivis hebdomadaires pour l’eau brute, l’eau clarifiée et l’eau traitée lors d’épisodes de fleur d’eau.

En 2008, la Direction de santé publique a émis une mise en garde aux riverains du lac Saint-Bruno-de-Montarville concernant l’utilisation de l’eau brute du lac comme eau de consommation (Langlois, 2010).

Avis d’ébullition

Lorsque l’eau n’est pas potable, il peut y avoir un avis d’ébullition ou de non-consommation de durée variable. Dans la plupart des cas, cet avis ne dure que quelques jours.

En 2012, six municipalités se sont partagé 14 avis d’ébullition et sept avis de non-consommation totalisant 45 jours (tableau C.9), tandis qu’en 2011, cinq autres municipalités se sont partagé trois avis d’ébullition et 14 avis de non-consommation pour un total de 52 jours (tableau C.10).

Il ne faut pas perdre de vue que les données de certaines municipalités ne sont pas disponibles pour l’année 2012, ayant pour conséquence que le nombre d’avis d’ébullition et de non-consommation, ainsi que le nombre de jours, pourraient être plus élevés en 2012 que ce qui est mentionné dans le tableau.

Tableau C.9 Nombre et durée des avis d’ébullition et de non-consommation pour l’année 2012

Nom de la municipalité Nombre d’avis d’ébullition Durée ébullition (jours) Nombre d’avis de non-consommation Durée non-consommation (jours)
Boucherville 2 17 0
Brossard 3 7 0
Henryville 5 3 7 3
Longueuil 2 6 0
Saint-Bruno-de-Montarville 1 2 0
Saint-Philippe 1 7 0

Adapté de MAMROT, 2013

Tableau C.10 Nombre et durée des avis d’ébullition et de non-consommation pour l’année 2011 Adapté de MAMROT, 2013

Nom de la municipalité Nombre d’avis d’ébullition Durée ébullition (jours) Nombre d’avis de non-consommation Durée non-consommation (jours)
Chambly 1 5 1 1
Saint-Amable 2 4 4 8
Saint-Georges-de-Clarenceville 0 1 8
Saint-Jean-sur-Richelieu 0 5 10
Venise-en-Québec 0 2 13

Des avis d’ébullition et de non-consommation peuvent parfois durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Ceux-ci sont répertoriés sur le site du MDDELCC. En date du 22 janvier 2015, six avis étaient en vigueur dans des municipalités du territoire du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent (tableau C.11).

Réseaux d’aqueducs municipaux

Municipalité Nom de l’installation de distribution Numéro Avis en vigueur depuis
Saint-Blaise-sur-Richelieu Système de distribution d’eau potable Saint-Blaise-sur-Richelieu (centre comm.) X2072488 2014/08/15
Saint-Patrice-de-Sherrington Système de distribution d’eau potable St-Pat-Sherrington/biblio./c récré X2016307 2014/06/12
Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix Système de distribution d’eau potable St-Paul-l’Île-Noix (centre comm.) X2073172 2013/07/05

Réseaux d’aqueducs non municipaux

Municipalité Nom de l’installation de distribution Numéro Avis en vigueur depuis
Saint-Blaise-sur-Richelieu Système de distribution d’eau potable Le St-Tropez (Saint-Blaise) X2072016 2007/07/26
Saint-Édouard Système de distribution d’eau potable Restaurant Chez Belle (St-Édouard) X2072438 2013/09/11
Saint-Patrice-de-Sherrington L’installation d’eau potable est propriété d’une personne physique X2112962 2014/07/03

Puits individuels et réseaux alimentés par l’eau souterraine

La contamination des puits individuels est un autre sujet de préoccupation en santé environnementale. Environ 25 % de la population québécoise dépend de l’eau souterraine pour ses besoins quotidiens en eau.

Pour ce qui est des municipalités du territoire, 9 348 personnes s’approvisionnaient, en mars 2010, à partir de cette source (MDDELCC, 2015e). En 2006, une campagne de sensibilisation destinée aux propriétaires de puits privés a été effectuée par la Direction de Santé Publique de la Montérégie (Langlois, 2010). Cette démarche avait pour but de faire valoir l’importance de l’analyse de la qualité de l’eau des puits privés.

Des installations sanitaires inadéquates et parfois inexistantes peuvent contaminer des puits non étanches ou encore contaminer la nappe d’eau souterraine servant de source d’eau potable.

La Direction de santé publique a émis à quelques reprises des recommandations concernant les risques potentiels à la santé humaine associés à l’exposition aux eaux usées domestiques. Concernant les contaminations bactériologiques (coliformes fécaux), il faudrait ajouter qu’il peut y avoir des avis d’ébullition de durée variable jusqu’à la fin du problème.

Comme les réseaux de distribution d’eau potable, les puits résidentiels et les petits réseaux desservant moins de 21 personnes doivent être contrôlés par des analyses bactériologiques, de résidus chlorés et des substances inorganiques.

La responsabilité de ces analyses revient au propriétaire du puits. Le MDDELCC recommande de procéder à une analyse de l’eau au moins deux fois par année, soit au printemps et à l’automne (MDDELCC, 2015).