Pêche

La Politique nationale de l’eau tend à favoriser les activités récréotouristiques liées à l’eau. Parmi celles-ci, on note la pêche sportive.

Cette activité étant en décroissance depuis quelques années au Québec, le gouvernement a donc décidé de développer une stratégie pour accroître le nombre d’adeptes au Québec.

Le réseau hydrographique comporte de nombreuses espèces à intérêt sportif comme:

  • la perchaude (Perca flavescens)
  • le doré jaune (Sander vitreus)
  • le doré noir (Sander canadensis)
  • le maskinongé (Esox masquinongy)
  • le brochet (Esox sp)
  • la barbotte brune (Ameiurus nebulosus)
  • l’achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu)
  • l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides)

La pêche sportive est pratiquée toute l’année, sur l’ensemble de la rivière Richelieu, bien qu’elle soit plus intensive dans le sud du bassin versant. Les espèces de salmonidés telles que la truite brune (Salmo trutta) et la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), qui ont été introduites, suscitent un vif intérêt chez les pêcheurs sportifs.

La rivière Richelieu a ainsi fait l’objet d’ensemencement et ce programme a eu des résultats intéressants, notamment pour la truite arc-en-ciel. Les populations d’ombles de fontaine (Salvelinus fontinalis) et de touladis (Salvenius namaycush) sont quant à elles faibles.

La pêche blanche connaît, elle aussi, un vif succès sur le bassin versant compte tenu du large éventail d’espèces présentes dans ses eaux.

Pêche commerciale

L’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata) est une espèce qui se reproduit dans la mer des Sargasses. Les femelles remontent ensuite vivre jusqu’à l’âge adulte dans le lac Champlain et les Grands Lacs. Par conséquent, elles doivent passer par la rivière Richelieu.

Il y a une trentaine d’années, la quantité d’anguilles capturées dans le Richelieu correspondait, à elle seule, à 5 % du total des captures canadiennes (MRNF, 2005). En 1980, 66 tonnes métriques d’anguilles furent prélevées de la rivière.

Cependant, la réfection des barrages de Chambly et de Saint-Ours, non accompagnée de la reconstruction des passes migratoires, a beaucoup nui aux populations d’anguilles. D’ailleurs, seulement deux tonnes d’anguilles furent pêchées en 1996.

Afin de contrer la situation, les passes migratoires de Chambly (1997) et de Saint-Ours (2001) furent construites. Déjà, lors de la première année d’opération de la passe migratoire de Chambly, 10 000 anguilles l’utilisèrent. Suite à cela, la pêche commerciale à l’anguille fut interdite en 1998 dans ce bassin versant (MERN, 2014).

Entre 2005 et 2008 (inclusivement), environ 2 300 000 petites anguilles (civelles) ont été transférées dans le lac Champlain (sur un tronçon de 15 km, entre Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix et la frontière canado-américaine) par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (anciennement le MRNF) (MERN, 2015). 

Pêche sportive

La Montérégie comprend 47 376 adeptes locaux de la pêche et attire 18 156 pêcheurs québécois de l’extérieur de la région (MRNF, 2007). Le total des dépenses touristiques liées à cette activité atteint 171 469 339 $ et crée 1 353 emplois.

La zone de pêche 8 englobe la totalité du bassin versant de la rivière Richelieu et inclut Montréal, Laval, une grande partie de la Montérégie ainsi qu’une petite portion des régions de Lanaudière et des Laurentides. 

Les restrictions associées à cette zone et plus particulièrement à la rivière Richelieu sont énoncées au tableau C.23. Dans le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin, toute pêche est interdite durant la période du 20 juin au 20 juillet dans les secteurs B et C du refuge (zone 8).

Tableau C.23 Périodes de pêche et limites de prises pour le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent pour 2015-2016

Tableau C.23 Périodes de pêche et limites de prises pour le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent pour 2015-2016

Malheureusement, avec la détérioration de la qualité de l’eau (voir section B. Eau), il n’est plus possible de consommer certaines espèces de poissons en grande quantité de façon régulière (tableau C.24).

Ceci s’explique par le fait que le niveau de toxine contenu à l’intérieur de la chair des poissons varie en fonction des toxines contenues dans le cours d’eau, de l’espèce du poisson ainsi que de sa grosseur.

En effet, par le phénomène appelé bioamplification, les animaux aux derniers rangs de la chaîne alimentaire accumulent les toxines contenues dans les animaux plus petits qu’ils mangent. Donc, la chair des grands poissons prédateurs a tendance à être plus contaminée que celle des poissons qui s’alimentent de phytoplancton, par exemple.

Principales toxines

Les principales toxines qu’on retrouve dans les poissons sont:

  • le mercure
  • le BPC (biphényle polychloré)
  • le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane)
  • le plomb

Néanmoins, de façon générale, les principales espèces de poissons pêchées dans le bassin versant peuvent être consommées jusqu’à huit fois par mois (tableau C.24).

Un peu partout dans le bassin versant, le meunier noir affiche des teneurs en métaux supérieurs au critère de la protection de la faune terrestre. Son taux de BPC dépasse la limite de ce critère dans la partie ouest du bassin de Chambly, à Belœil et en amont de Saint-Ours et de Saint-Jean-sur-Richelieu (MRNF, 2006). Sa contamination par le mercure est aussi élevée partout dans la rivière Richelieu et dans la rivière L’Acadie.

Le plomb constitue une autre importante source de contamination du meunier noir dans la partie ouest du bassin de Chambly, à l’embouchure de la rivière l’Acadie et à Belœil. C’est d’ailleurs à ces endroits que l’on retrouve les teneurs en plomb des plus élevées au Québec.

Quelque 13 espèces peuvent être exploitées commercialement dans la rivière Richelieu. Les activités de pêche commerciale sont réalisées principalement dans le Haut-Richelieu, au verveux, dans les périodes allant du 1er au 30 avril et du 1er octobre au 31 mars.

Les principales espèces exploitées sont (2009) :

  • la barbotte brune
  • la carpe (Cyprinus carpio)
  • le crapet de roche
  • le crapet-soleil
  • le meunier noir
  • le meunier rouge
  • le poisson-castor
  • la tanche

En 2010, la principale espèce prélevée par les pêcheurs commerciaux était la barbotte brune avec 78 % des débarquements (MAPAQ).

La situation est sensiblement la même au lac Champlain, tout en ajoutant que les chevaliers blanc, rouge et jaune, le cisco de lac, le grand corégone, le malachigan et la lotte peuvent aussi y être exploitées commercialement, à la seine. Toutefois, dans cette zone, les activités de pêche commerciale à la seine sont pratiquement nulles.

Enfin, un secteur très important de la pêche commerciale dans le bassin versant repose sur l’exploitation des poissons-appâts.

Par contre, depuis 2008, il est interdit de capturer des poissons-appâts dans la rivière Richelieu à partir du barrage de Chambly jusqu’à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent (Plan de gestion de la pêche 2011-2012). Cette mesure a été instaurée pour protéger le chevalier cuivré, une espèce en voie de disparition (MRNF, 2011).

Tableau C.24 Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce pour le bassin versant de la rivière Richelieu

Tableau C.24 Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce pour le bassin versant de la rivière Richelieu

Chasse

La Montérégie est la région qui compte le plus grand nombre d’adeptes locaux de la chasse sportive avec 20 471 adeptes, soit près de 10 % des adeptes québécois (MRNF, 2007).

Cependant, la région n’attire que 13 270 chasseurs/visiteurs. En 2007, on comptait sept stations d’enregistrement pour le gros gibier (ours noir, orignal, dindon sauvage et cerf de Virginie) dans le bassin versant (tableau C.25)

Le bassin versant, avec la présence de la rivière Richelieu et de ses nombreuses terres agricoles, constitue un endroit de choix pour les oiseaux migrateurs lors d’une pause pendant leur migration.

À l’automne, la chasse est permise pour plusieurs espèces : on note, par exemple, la bernache du Canada, les foulques, les bécasses, l’oie des neiges, etc. (Service canadien de la faune, 2004). Les populations de bernaches dites résidentes continuent à croître dans le bassin versant et attirent leurs consœurs lors de leur migration (Société de la faune et des parcs du Québec, 2002).

De plus, en 2005, 2006 et 2007, une chasse expérimentale au dindon sauvage fut autorisée dans la zone 8 sud (une petite partie de cette zone est incluse dans le bassin versant). Depuis 2008, une chasse printanière au dindon sauvage a été mise en place pour toutes les zones de chasse.

Tableau C.25 Récolte de gros gibiers pour la zone de chasse 8 – Saison 2013

Tableau C.25 Récolte de gros gibiers pour la zone de chasse 8 – Saison 2013