Rejets municipaux

Le rapport sur l’état de l’écosystème aquatique du bassin versant de la rivière Richelieu révèle que 46 sur 64 municipalités du territoire sont susceptibles de déverser leurs eaux usées dans des cours d’eau (Simoneau et Thibault, 2009) (tableau C.26). À la suite de la mise en activité des stations d’épuration de Saint-Denis-sur-Richelieu et de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, en 2006, ainsi que de la station de Saint-Charles-sur-Richelieu en 2009, c’est la totalité de la population du bassin qui est raccordée à un réseau d’égouts et qui sera servie par un total de 26 stations d’épuration (Simoneau et Thibault, 2009). Le tableau suivant montre le nombre de municipalités dont les émissaires se déversent dans le bassin versant de la rivière Richelieu.

Tableau C.26 Portrait de l’assainissement des eaux usées (sources ponctuelles)

Rejets industriels

La composition des rejets des eaux usées varie avec le type d’industrie, par exemple, la fabrication d’aliments produit des contaminants organiques alors que la fabrication des produits en métal génère surtout des contaminants inorganiques.

Il est donc possible de déterminer les rejets des industries du territoire suivant leur secteur d’activité. Pour chaque secteur d’activité, une liste des différents contaminants des eaux usées et de leur impact sur le milieu a pu être mise en place, elle est compilée dans le tableau C.27.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) rejetés par les différents secteurs industriels sont surtout produits par la combustion ou la pyrolyse de matières organiques. Une fois déversé dans le milieu naturel tel que la rivière Richelieu, ce produit va être assimilé par les sédiments ou par des organismes vivants tels que les poissons.

Ces substances qui se retrouvent parfois à des concentrations très faibles, voire à peine mesurables, dans l’eau, peuvent alors atteindre de très fortes concentrations dans les tissus des végétaux et des animaux par bioaccumulation.

Ce phénomène est dû aux substances qui vont s’accumuler dans les tissus adipeux plutôt que d’être éliminées de l’organisme. Toutefois, il n’y a pas de bioamplification des HAP dans les chaînes alimentaires aquatiques, étant donné que son élimination est relativement rapide chez les poissons (EAG, 1990).

Néanmoins, ces produits sont aujourd’hui considérés comme cancérigènes pour les animaux et potentiellement cancérigènes chez l’être humain. D’autres produits ont les mêmes particularités telles que les métaux comme le mercure qui est aussi rejeté et qui se retrouve dans le milieu naturel.

Plusieurs secteurs industriels rejettent souvent des eaux usées avec un pH inférieur à 5,5 ou supérieur à 9,5, lequel diffère énormément avec celui du milieu naturel. Ce changement de pH dans le milieu naturel se fait ressentir par les végétaux, mais aussi par les animaux qui se retrouvent agressés par un milieu plus acide ou basique qui les entoure.

Les matières en suspension qui sont rejetées par les différents secteurs industriels n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques, mais certains de leurs impacts sont communs. Cette masse de matière empêche la lumière de passer dans l’eau et, donc, diminue la luminosité du milieu. Le manque de luminosité essentielle au développement des végétaux aquatiques freine leur développement.

La photosynthèse produite par les végétaux avec la lumière du soleil diminue et, donc, abaisse le taux d’oxygène produit dans le milieu. Les rejets des produits tels que le phosphate ou l’azote sont des facteurs qui peuvent accélérer le phénomène d’eutrophisation du milieu.

Tableau C.27 Caractéristiques des rejets des eaux usées par secteur d’activité