Un total de 35 stations d’épuration municipales se retrouve sur le territoire du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent. Parmi celles-ci, 16 ont plus de 20 ans (en 2012) et trois auront 30 ans respectivement en 2013, 2014 et 2015 :

  • Sainte-Angèle-de-Monnoir (1983)
  • Sainte-Julie (1984)
  • Saint-Jean-Baptiste (1985)

Diverses nouvelles stations ont été construites ou agrandies et mises en opération vers la fin de 2006 et en 2007. Il s’agit des stations :

  • de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix
  • de Saint-Denis-sur-Richelieu
  • de Saint-Charles-sur-Richelieu
  • de Sainte-Julie
  • de Saint-Mathieu-de-Belœil
  • et de Chambly

Types de traitement

Le type de traitement le plus répandu est celui de l’étang aéré (20 stations). Cependant, les disques biologiques (deux stations), les traitements physico-chimiques (trois stations), les boues activées (deux stations) sont aussi utilisés tout comme les étangs aérés à rétention réduite (trois stations), les étangs aérés complètement mélangés (une station), les filtres intermittents à recirculation (une station), les réacteurs biologiques à média en suspension (une station) et les réacteurs biologique à support fluidisé (une station).

Les cours d’eau ou sous-bassins récepteurs des émissaires sont:

  • le fleuve Saint-Laurent (5)
  • la rivière Richelieu (13)
  • le ruisseau Belœil (4)
  • des Hurons (4)
  • l’Acadie (4)
  • ruisseau Bleury (1)
  • Landry (1)
  • et du Sud (3)

Une évaluation de leur performance est réalisée par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire du Québec (MAMOT, 2015).

Les notes attribuées sont relativement bonnes pour la majorité des stations du territoire, c’est-à-dire qu’elles respectent les exigences minimales établies par le ministère. Les exigences sont établies en fonction du type de station, des équipements disponibles et concernent divers paramètres tels que la demande biochimique en oxygène (DBO5), les matières en suspension (MES), le phosphore total (Ptot) et les coliformes fécaux.

Surverses

Il est cependant possible de remarquer que des surverses surviennent toujours, malgré que des notes d’exigence soient de 100  %. Ainsi, pour l’année 2013, un total de 383 surverses ont été enregistrées dans l’ensemble des milieux récepteurs.

« Pour chaque ouvrage de surverse, des objectifs de débordement sont fixés par le MDDELCC. À partir de ces objectifs, de la capacité des ouvrages et de l’historique des débordements, des exigences de rejet sont établies par le MAMOT. Un débordement est comptabilisé pour chaque jour civil (de minuit à 23 h 59) au cours duquel se font des débordements, peu importe le nombre de fois où cet ouvrage déborde dans la même journée. C’est dire que ce sont les journées avec débordement qui sont comptabilisées. […]

Même si la plupart des ouvrages respectent les exigences de rejet auxquelles ils sont assujettis, cela ne signifie pas que la performance de ces ouvrages est optimale. En effet, les exigences de rejet fixées pour chaque ouvrage tiennent compte de la qualité du réseau où se trouve l’ouvrage.

Ainsi, pour les réseaux unitaires et la plupart des réseaux pseudo domestiques, les exigences sont souvent minimales, c’est-à-dire que les débordements sont tolérés par temps de pluie, de fonte ou en situation d’urgence. Seuls les débordements par temps sec ne sont pas tolérés.

Idéalement, il faudrait plutôt avoir pour but qu’aucun débordement ne survienne, sauf en situation d’urgence ou lorsque le nombre de débordements respecte l’objectif de débordement (OD) fixé par le MDDELCC. Cet objectif, qui est généralement plus restrictif que l’exigence établie par le MAMOT, est fixé en fonction des usages du milieu récepteur et il peut être modifié dans le temps » (MAMOT, 2015).

Après avoir grandement amélioré les usines de traitement des effluents, la prochaine étape est d’éliminer les épisodes de surverses puisque ces débordements provoquent le rejet dans le milieu d’une quantité probablement importante de contaminants.

Une des causes contribuant aux surverses étant l’apport en eau provenant des pluies et des eaux de ruissellement, des solutions doivent être envisagées afin de contrer ce phénomène.

Des initiatives peuvent être entreprises afin d’atténuer les surverses, voir de les éliminer. L’installation de régulateurs de débit, le stockage des eaux de pluie dans des bassins de rétention, un réseau pour le débit pluvial des résidences sont autant de pistes de solutions qui pourraient être envisagées par les villes concernées.

Centre d’épuration Rive-Sud

La station d’épuration qui touche le plus de gens sur le territoire et qui a un plus grand déversement dans le fleuve est celle de Longueuil. Cette station porte le nom de Centre d’épuration Rive-Sud (CERS). Elle traite les eaux usées des villes de Longueuil, Boucherville, Brossard et Saint-Lambert. Les eaux qui arrivent à cette station sont traitées avant d’être retournées au fleuve Saint-Laurent. Le procédé utilisé est un traitement physico-chimique.

Le CERS réalise quatre étapes :

  1. le traitement des eaux
  2. le traitement des boues
  3. l’incinération
  4. le traitement de l’air

Il traite 330 000 m³ d’eaux rejetées au fleuve chaque jour. Le CERS permet de retirer des eaux usées une charge quotidienne de 50 tonnes de matières polluantes. Les eaux dépolluées respectent les exigences de rejet. Elles sont évacuées au centre du fleuve Saint-Laurent, à 55 m au nord du pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine ([Ville de Longueuil, 2009 #448]).

Malgré les efforts déjà entrepris, le panache des eaux usées de cette station d’épuration est présent sur plusieurs kilomètres et influence la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent.

Source: www.longueuil.ca/fr/eaux-usees

Tableau C.12 Notes des stations d’épuration du bassin versant pour le respect des exigences de rejet pour la station et les ouvrages de surverses durant l’année 2013