L’isolement des boisés nuit par ailleurs àl’échange des flux biotiques entre les habitats et les milieux naturels et peut même les inhiber complètement pour certaines populations vulnérables (Centre de la Nature Mont-Saint-Hilaire, 2004).

Les flux biotiques essentiels au maintien de la biodiversité sont assurés par le déplacement de certaines espèces végétales et animales entre les boisés afin de coloniser de nouveaux habitats. En l’absence d’échanges, certaines espèces peuvent alors être menacées d’extinction par la diminution du nombre d’individus jusqu’à un seuil ne permettant plus le renouvellement de la population et/ou par l’appauvrissement génétique qui limite les possibilités d’adaptation aux éventuels changements.

Par exemple, les chances qu’une plante puisse polliniser une de ses semblables ou coloniser un autre milieu diminuent en proportion de l’isolement du boisé qui lui sert d’habitat. De la même façon, certains animaux hésitent à traverser l’étendue ouverte séparant deux boisés, de peur de croiser un prédateur. Prisonniers dans un habitat trop restreint et isolé, ces individus ont moins de chance de survivre ou de se reproduire.

Afin de faciliter le déplacement des animaux et végétaux ainsi que leur dispersion en milieu fragmenté, il est important de penser « corridor forestier ». Un corridor forestier est un ensemble de petits boisés qui sont situés les uns près des autres et permettent ainsi aux organismes vivants de se déplacer.

Grâce au corridor forestier, d’importants massifs ainsi que des milieux écologiques d’importance peuvent être reliés. Une étude menée en Montérégie a démontré que le taux de reproduction chez les oiseaux forestiers est plus faible dans les forêts isolées que dans les forêts continues et que leur survie dépendrait du succès de reproduction des populations vivantes en forêts continues (Dufault, 2007).

Sur le territoire, peu de forêts sont présentes, mais quatre projets de corridors forestiers existent. On en retrouve un dans la MRC Pierre-De Saurel, dirigé par la Fondation Les oiseleurs du Québec inc. (Fondation Les oiseleurs du Québec inc., 2004) et les trois autres sont dans les MRC de la Vallée-du-Richelieu et de Rouville.

L’un est mené principalement par la Fondation du Mont-Saint-Bruno (Nature-Action Québec, 2007), un autre se situe sur la rive est de la rivière Richelieu et inclut le Mont-Saint-Hilaire (Centre de la Nature Mont-Saint-Hilaire, 2004) et le dernier touche le mont Rougemont.

Les cartes I.5 et I.6 illustrent les deux corridors forestiers présents dans la MRC de la Vallée-du-Richelieu (Centre de la Nature Mont-Saint-Hilaire, 2004). On peut constater que les boisés situés près de la rivière Richelieu sont très isolés les uns des autres. De plus, il est difficile pour les êtres vivants de passer d’un corridor forestier à l’autre puisqu’il y a très peu de boisés pour assurer la connectivité. La présence de la rivière peut en outre en augmenter la difficulté.

Champ bordé d’un boisé


Carte I.5 Corridors forestiers de la MRC de la Vallée-du-Richelieu
Source : CNMSH, 2004

Carte I.6 Corridors forestiers du mont Saint-Bruno
Source : Corridor forestier du mont Saint-Bruno, 2010