1 – La source des contaminants

Il existe différentes voies de transport des contaminants qui se classent sous deux formes de source. On peut alors parler de pollution ponctuelle ou diffuse.

La pollution ponctuelle correspond à une source de contamination identifiable située en un point précis, comme les tuyaux de rejet des stations d’épuration, par exemple.

Par pollution diffuse, on entend les rejets issus de toute la surface d’un territoire. La pollution diffuse peut être imputable au ruissellement et au lessivage, entre autres.

Le ruissellement correspond à la migration de l’eau par un mouvement horizontal : l’eau ne pénètre pas le sol, mais glisse sur sa surface. Cependant, lorsque l’eau de pluie est prise en charge par le système d’égout pluvial, les points de rejets dans le cours d’eau sont ponctuels.

Le lessivage, quant à lui, est la migration verticale de l’eau, c’est-à-dire lorsque celle-ci s’infiltre dans le sol jusqu’à rejoindre le système de drainage ou la nappe phréatique. Dans les deux cas, l’eau peut se charger de contaminants divers et les emporter vers l’écosystème aquatique.

2 – Types de pollution

Pollution microbienne

La pollution microbienne implique une contamination de l’eau par des agents pathogènes tels des virus, des bactéries et cyanobactéries, des protozoaires ou des vers (SEME, 2005a).

Généralement, la contamination microbienne de l’eau se produit lorsque les eaux de surface et souterraines entrent en contact avec les eaux usées municipales et industrielles ou les effluents agricoles (SEME, 2005a).

La pollution microbienne peut occasionner différents problèmes de santé, comme des diarrhées ou des fièvres, ou des maladies comme la poliomyélite ou la méningite (SEME, 2005a). 

Pollution chimique

La pollution chimique inclut les polluants organiques, c’est-à-dire les polluants à base de carbone et d’hydrogène et les polluants inorganiques.

Pollution organique

La matière organique peut se présenter sous forme biodégradable, comme les matières fécales, provenant des eaux usées, des fumiers et lisiers ou encore de la transformation alimentaire, ou non biodégradable, comme les biphényles polychlorés (BPC), les pesticides (organochlorés), les dioxines, les phtalates et les hydrocarbures, pour ne nommer que ceux-ci (SEME, 2005b; Centre National de la Recherche Scientifique, s.d.; UVED, 2006.

La décomposition de la matière organique utilise l’oxygène présent dans l’eau et peut ainsi diminuer de façon considérable les concentrations en oxygène dissous, rendant le milieu hypoxique, voir anoxique (SEME, 2005b).

Dans le cas des polluants organiques dits non biodégradables, il est aussi possible de noter leur toxicité sur les espèces aquatiques (Centre National de la Recherche Scientifique, s.d.).

Bien que le gouvernement fédéral ait interdit leur importation, leur fabrication et leur vente en 1977 et leur rejet dans l’environnement en 1985, la présence de BPC demeure préoccupante en raison de leur persistance (Environnement Canada, 2014).

Pollution inorganique

Les polluants inorganiques se présentent sous forme de composés métalliques ou non métalliques.

Les composés métalliques, comme l’arsenic ou le cadmium, se trouvent généralement sous forme de traces dans les eaux, mais ils n’en demeurent pas moins toxiques, même à faible concentration.

Les composés non métalliques, comme les nitrates, phosphates et cyanures, peuvent aussi avoir des effets néfastes sur l’écosystème aquatique et peuvent, pour certains, présenter une certaine toxicité (UVED, 2006).

Produits pharmaceutiques et de soins personnels (PPSP)

Comme leur nom l’indique, les PPSP sont principalement issus des médicaments et produits cosmétiques. Ces substances peuvent se retrouver dans l’eau lors d’une métabolisation incomplète et d’un rejet par voie naturelle, ou encore par une élimination inappropriée (lorsque des médicaments sont jetés dans les toilettes, par exemple).

La présence de PPSP et d’hormones dans l’eau est préoccupante compte tenu de leur rôle. En effet, ces produits sont créés pour agir sur le métabolisme et persister suffisamment longtemps dans l’organisme. Ces substances sont donc susceptibles d’affecter la faune aquatique même en faible quantité.

Pollution thermique

Par pollution thermique, on entend un changement de la température de l’eau dû aux activités anthropiques et qui aura une incidence sur la vie aquatique (SEME, 2005d). Les conséquences dérivant d’une pollution thermique de l’eau sont multiples et affectent les propriétés physiques, chimiques et biologiques des écosystèmes aquatiques (SEME, 2005d).

En changeant la température du milieu récepteur, même si ce changement n’est pas létal pour les espèces présentes, on y modifie le métabolisme de la biocénose et on interfère avec la concentration en oxygène dissous et avec la DBO5. Une augmentation de la température aura aussi pour incidence d’augmenter le pH de l’eau et de déplacer l’équilibre de différentes réactions chimiques.

Par exemple, une augmentation de la température de l’eau modifiera le ratio ammoniac/ammonium par l’augmentation du premier, plus toxique, par rapport au deuxième, moins toxique (SEME, 2005d). Le potentiel toxique de certaines substances, ainsi que la sensibilité des organismes à celui-ci semblent aussi augmenter avec le réchauffement de l’eau (SEME, 2005d). Cette cascade de modifications du milieu aura nécessairement un impact sur la biocénose.

Eutrophisation

L’eutrophisation des cours d’eau se traduit par une croissance excessive des algues due à l’enrichissement des cours d’eau par des fertilisants, notamment du phosphore (SEME, 2005c). Bien que l’eutrophisation soit un processus naturel, il peut être grandement accéléré par les activités anthropiques.

La prolifération d’algues dans les cours d’eau entraîne une diminution de l’oxygène dissous par la réduction de la zone euphotique et la décomposition de la matière organique. Les algues peuvent aussi libérer des phytotoxines pouvant occasionner divers problèmes de santé (Smith et Schindler; Håkanson et coll., 2007).

L’eutrophisation peut aussi mener à l’état anoxique du cours d’eau et encourager la décomposition anaérobie de la matière organique par des bactéries sulfatoréductrices. Et si celles-ci ne sont pas associées à une quelconque toxicité, leur présence est néanmoins remarquable par le dégagement nauséabond de l’acide sulfhydrique (ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse, 2008).

Les cyanobactéries

Les cyanobactéries, aussi appelées algues bleues ou algues bleu-vert, sont des bactéries possédant certaines caractéristiques communes avec les algues. Elles peuvent, entre autres, effectuer la photosynthèse d’où la présence de la pigmentation bleue ou verte.

Cependant, ces bactéries peuvent être de différentes couleurs allant du vert olive au violet incluant le rouge (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2002). Comme l’eutrophisation, elles sont à la fois une cause et une conséquence de la dégradation de la qualité des eaux de surfaces.

Problèmes de santé

Non seulement les cyanobactéries enlaidissent les berges, mais elles représentent aussi un danger pour la santé. Leur présence en trop grand nombre peut rendre l’eau impropre à la consommation de même que nuire aux activités aquatiques.

On nomme fleur d’eau les nuages de particules vertes ou turquoises causés par la prolifération de cyanobactéries. Les cyanobactéries peuvent produire des toxines nommées cyanotoxines. Ces toxines sont emmagasinées dans les cellules et libérées lors de la rupture ou de la mort de la cellule. 

Les toxines peuvent attaquer le système nerveux, le foie ou simplement irriter la peau (Santé Canada, 2004). Donc, le fait d’avaler ou simplement de toucher l’eau dans laquelle se trouvent des fleurs d’eau toxiques peut occasionner des problèmes de santé (gouvernement du Québec, 2014).

Les principaux symptômes en cas d’ingestion d’eau contaminée sont des maux de tête et de ventre, des vomissements, de la fièvre et la diarrhée (gouvernement du Québec, 2014). Il est peu probable que la mort puisse s’en suivre (Santé Canada, 2004).

Cependant, l’ingestion d’eau contaminée par le bétail représente un sérieux danger pour ces bêtes (Santé Canada, 2004; MAPAQ, 2007). Il n’a pas été démontré que les cyanobactéries pouvaient être responsables de maladies chez les poissons, mais elles entraînent une forte réduction de l’oxygène leur étant nécessaire, pouvant ainsi causer leur mort par asphyxie (MAPAQ, 2007).

Prolifération

La prolifération des cyanobactéries peut être favorisée par une température élevée de l’eau, par un faible courant ou par la stagnation de l’eau (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2002; MAPAQ, 2007). Par contre, le facteur principal est la présence d’une trop grande quantité de phosphore dans le cours d’eau. En effet, tout comme sur la terre ferme, le phosphore qui se retrouve dans l’eau stimule la croissance de certains organismes, dont les cyanobactéries.

L’utilisation du phosphore pour la fertilisation en agriculture et sa présence dans les eaux de ruissellement ou dans les eaux usées peuvent être des causes de la présence du phosphore dans les eaux de surface.

Afin de prévenir les problèmes, le MDDELCC a besoin de la collaboration de la population. Il demande aux gens d’apprendre à reconnaître les algues bleues. À cet effet, le Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries : Comment les distinguer des végétaux observés dans nos lacs et nos rivières peut être très utile.

Ensuite, il faut signaler toute observation de phénomène qui pourrait s’apparenter à celui de prolifération de cyanobactéries à un bureau du MDDELCC. Ensuite, un responsable ira vérifier l’observation et s’il y a présence d’algues bleues, une mise en garde ou un avis public sera émis.