Outre les analyses menées dans le cadre du Réseau-rivières et du Réseau-fleuve, différents tests ont été faits sur différents cours d’eau du territoire.

Dans le bassin versant, le groupe PleineTerre a mesuré les concentrations en azote et en phosphore de différents cours d’eau du sous-bassin de la rivière L’Acadie à l’été 2014.

Des analyses ont aussi été conduites concernant les pesticides dans les rivières des Hurons et L’Acadie, et les PPSP dans la rivière Richelieu.

Dans la zone Saint-Laurent, la Ville de Boucherville a réalisé un suivi de la qualité de l’eau de la rivière aux Pins. Aussi, des données relatives aux charges de contaminants déversées dans le lac Saint-Pierre par la rivière Richelieu ont été compilées

Le lac Saint-Pierre

Les charges en phosphore et en MES charriées par la rivière Richelieu sont néanmoins importantes. Non seulement le Richelieu est-il le tributaire contribuant le plus en ce qui a trait à l’apport en phosphore dans le lac St-Pierre, mais son bassin versant est celui contribuant le plus aux apports en phosphore et en MES par unité de surface (figures B.3 et B.4). Aussi, malgré une tendance à la baisse, beaucoup d’efforts restent encore à fournir.

Figure B.3 Charges annuelles moyennes de phosphore et de MES de certains tributaires du lac Saint-Pierre au cours de la période 2008-2010

Figure B.3 Charges annuelles moyennes de phosphore et de MES de certains tributaires du lac Saint-Pierre au cours de la période 2008-2010
Source : Simoneau, 2014

Figure B.4 Coefficient d’exportation du phosphore et des MES de certains tributaires du lac Saint-Pierre au cours de la période 2008-2010

Figure B.4 Coefficient d’exportation du phosphore et des MES de certains tributaires du lac Saint-Pierre au cours de la période 2008-2010
Source : Simoneau, 2014

Le bassin de la rivière L’Acadie

En 2014, le groupe PleineTerre a effectué un suivi des concentrations en azote et phosphore pour 15 stations d’échantillonnage situées dans le bassin versant de la rivière L’Acadie, un tributaire de la rivière Richelieu.

Sur les 15 stations, 10 se trouvaient sur de petits tributaires, et cinq sur la rivière L’Acadie même. Les résultats obtenus suggèrent une provenance agricole plutôt qu’urbaine pour les fortes concentrations en phosphore observées dans la rivière L’Acadie, les petits tributaires ne recueillant pas les eaux usées des stations d’épuration (figures B.5 et B.6, adaptées de Club Techno-Champs 2000) Données non publiées.

Figure B.5 Concentrations médianes (mg/l) en phosphore à l’embouchure des principaux tributaires et valeur seuil (0,03 mg/l)

Figure B.5 Concentrations médianes (mg/l) en phosphore à l’embouchure des principaux tributaires et valeur seuil (0,03 mg/l)
Source : Club Techno-Champs 2000 (données non publiées)

Figure B.6 Concentrations médianes (mg/l) en phosphore pour différentes stations de la rivière L’Acadie et valeur seuil (0,03 mg/l)

Figure B.6 Concentrations médianes (mg/l) en phosphore pour différentes stations de la rivière L’Acadie et valeur seuil (0,03 mg/l)
Source : Club Techno-Champs 2000 (données non publiées)

Même si l’azote ne fait généralement pas état de concentrations préoccupantes dans les résultats obtenus lors des échantillonnages prévus par le Réseau-rivières, l’échantillonnage de petits tributaires semble indiquer que les petits cours d’eau de moindre débit et ayant donc un moindre pouvoir de dilution peuvent dépasser la valeur seuil de 2,9 mg/l (figures B.7 et B.8, adaptées de Club Techno-Champs 2000 [données non publiées])

Figure B.7 Concentrations médianes (mg/l) en NOX à l’embouchure des principaux tributaires et valeur seuil (2,9 mg/l)

Figure B.7 Concentrations médianes (mg/l) en NOX à l’embouchure des principaux tributaires et valeur seuil (2,9 mg/l)
Source : Club Techno-Champs 2000 (données non publiées)

Figure B.8 Concentrations médianes (mg/l) en NOX pour différentes stations de la rivière L’Acadie et valeur seuil (2,9 mg/l)

Figure B.8 Concentrations médianes (mg/l) en NOX pour différentes stations de la rivière L’Acadie et valeur seuil (2,9 mg/l)
Source : Club Techno-Champs 2000 (données non publiées)

La rivière aux Pins

En 2013, la Ville de Boucherville a mandaté le COVABAR pour effectuer un suivi de la qualité de l’eau de la rivière aux Pins. La rivière aux Pins est un petit tributaire du fleuve Saint-Laurent situé au sud-est de l’île de Montréal, et dont le bassin versant chevauche les municipalités de Boucherville et Varennes.

Bien que de vocation agricole (68,36 %), ce bassin versant d’une superficie de 18,78 km2 comprend une portion urbaine non négligeable (28,70 %). Au total, six stations d’échantillonnage ont été sélectionnées le long de la rivière.

Les échantillonnages se sont effectués majoritairement sur la branche 12 de la rivière. Cette branche commence près de l’intersection du chemin du Lac et de la rue de la Rivière-aux-Pins et se jette dans la branche principale de la rivière aux Pins, au croisement de la rivière avec la voie ferrée du CN.

Ce tronçon de 4,0 km subit l’influence des milieux urbain et agricole. Le territoire y est effectivement occupé par des habitations et commerces, des terres agricoles, ainsi que trois parcs et des voies publiques. C’est sur ce tronçon que quatre des six stations ont été sélectionnées.

À des fins comparatives, deux stations ont été positionnées l’une vis-à-vis de l’autre sur le bras principal de la rivière aux Pins et sur la branche 12, juste avant l’embouchure de celle-ci dans le tronçon principal.

La dernière station se trouve dans la section aval de la rivière aux Pins, à proximité de son embouchure. Cet endroit correspond à une importante frayère, la plus importante entre Montréal et le lac Saint-Pierre, lui valant ainsi le surnom de « pouponnière du fleuve » (Fondation de la faune du Québec, s.d.)

Carte B.5 Résultats d’IQBP pour la rivière aux Pins

Chacune des stations échantillonnées a obtenu un indice de qualité très mauvais (voir annexe 3 tirée de COVABAR, 2013c).

Les facteurs déclassant les plus souvent rencontrés ont été l’oxygène dissous et le phosphore total (tableau B.11). La rivière aux Pins présente donc des caractéristiques de milieu eutrophe.

Les eaux pluviales se déversant dans la rivière pourraient être responsables d’une partie du phosphore retrouvé dans l’eau, en plus d’entraîner des pics élevés de coliformes fécaux suite à des précipitations.

La végétation aquatique très abondante de la rivière pourrait être responsable, lors de sa décomposition, des faibles concentrations en oxygène mesurées en plus que de contribuer à l’apport en phosphore.

Aussi, non seulement l’état trophique de la rivière, mais la forte turbidité retrouvée à proximité du secteur de la frayère sont préoccupants. En effet, un colmatage des œufs est à craindre, et le manque d’oxygène de l’eau constitue une menace pour la vie aquatique.

Tableau B.11 Facteur déclassant pour les stations d’IQBP de la rivière aux Pins

Station 1er facteur déclassant (médiane) 2ème facteur déclassant (médiane)
1 ●Oxygène dissous (6) ●Phosphore total (37)
2* ●Chlorophylle α (Fondation de la faune du Québec) ●Oxygène dissous (6)
3 ●Oxygène dissous (4) ●Phosphore total (7)
4 ●Phosphore total (3) ●Oxygène dissous (12)
5 ●Turbidité (1) ●Phosphore total (4)
6 ●Oxygène dissous (8) ●Phosphore total (8)

Tableau B.11 Facteur déclassant pour les stations d’IQBP de la rivière aux Pins Source : COVABAR, 2013

*La station 2 est la seule pour laquelle la chlorophylle α a été analysée.