Le bassin versant de la rivière Richelieu

Le bassin versant de la rivière Richelieu et ses principaux tributaires

La rivière Richelieu, longue de 124 km, prend sa source dans le lac Champlain et se jette dans le fleuve Saint-Laurent près des îles de Sorel. Sur son trajet, elle draine les eaux de plus de 3 500 km de cours d’eau qui sillonnent son bassin versant.

Parmi les tributaires les plus importants de la rivière Richelieu (carte B.1), notons la rivière l’Acadie (530 km), la rivière des Hurons (334 km), la rivière du Sud (145 km) et la rivière Lacolle (126 km). Elle draine également d’importants ruisseaux tels que le ruisseau Laplante (112 km), le ruisseau Belœil (103 km) et le ruisseau Amyot (94 km).

Comme l’indique la figure B.1, la rivière Richelieu présente une pente moyenne de 0,3 m/km de la source à son embouchure (tableau B.1), ce qui équivaut à une dénivellation totale de plus de 33 m.

Très faible (0,3 m/km) sur le tronçon de 35 km qui s’étend de l’exutoire du lac Champlain à Saint-Jean-sur-Richelieu, la dénivellation augmente significativement au niveau des rapides de Chambly où elle atteint près de 25 m en 12 km (~2 m/km).

Par la suite, la pente diminue à nouveau et, mis à part dans la section des rapides de Saint-Ours (3 m), aucun changement notable ne survient.

De leur côté, les principaux tributaires alimentant la rivière Richelieu ont une pente moyenne légèrement supérieure à celle de cette dernière (près de 1 m/km), à l’exception de la rivière Lacolle qui possède une pente un peu plus accentuée (1,5 m/km).

Figure B.1 Profil de la rivière Richelieu et de ses principaux tributaires

Figure B.1 Profil de la rivière Richelieu et de ses principaux tributaires

Carte B.1 Les principaux tributaires de la rivière Richelieu et leur bassin versant

Carte B.1 Les principaux tributaires de la rivière Richelieu et leur bassin versant

Tableau B.1 Caractéristiques hydrographiques de la rivière Richelieu et de ses principaux tributaires

    Longueur (km) Superficie du bassin (km) Dénivellation (m) Pente moyenne (m/km)
Rivière Richelieu 124 2 546 33 0,3
Rivière l’Acadie 82 563 66 0,8
Rivière des Hurons 33 344 21 0,6
Rivière du Sud 34 154 24 0,7
Rivière Lacolle 24 126 36 1,5

Ce sont dans les premiers 25 km allant de la frontière américaine à quelques encablures en aval de l’Île-aux-Noix que la rivière atteint sa plus grande largeur (+ de 1,5 km). De Sabrevois jusqu’à son embouchure, la rivière se rétrécit considérablement pour atteindre une largeur moyenne n’excédant pas 300 m. Dans sa portion finale, la largeur diminue encore jusqu’à 150 m à la hauteur du pont Turcotte à Sorel-Tracy.  

La profondeur maximum (9 m) est observée dans le chenal localisé au niveau de la zone portuaire de Sorel-Tracy, à l’embouchure de la rivière Richelieu. Ce chenal permet d’ailleurs les manœuvres et l’accostage de navires à fort tonnage dans le secteur.

Tout au long de son cours, la configuration des fonds est relativement semblable, à savoir la présence d’un chenal, souvent étroit, dont la profondeur varie entre 4 et 8 m, bordé de part et d’autre de hauts-fonds d’une profondeur fréquemment inférieure à 1 m.

Les profondeurs retrouvées dans la zone des rapides de Chambly sont très faibles (moins de 1 m) avec des endroits où les rochers affleurent la surface. Le bassin de Chambly est, quant à lui, caractérisé par des profondeurs faibles (1 m) dans toute sa périphérie et qui varient entre 2,5 et 6,5 m dans son centre.

Notons que les données bathymétriques utilisées plus haut sont issues de relevés effectués au début des années 1980 par le Service hydrologique du Canada.

Or, nous pouvons supposer qu’en plus de 20 ans, des modifications importantes des fonds se sont produites et en bénéficiant de nouveaux relevés, une étude pourrait être entreprise pour évaluer le phénomène d’envasement dans la rivière, en particulier au niveau du bassin de Chambly.

Ce dernier est en effet soumis à un processus d’envasement vraisemblablement plus rapide qu’ailleurs du fait de sa forme élargie qui amène une diminution du courant, entraînant un processus de décantation des matières en suspension provenant des zones en amont de la rivière Richelieu et de la rivière des Hurons.

D’ailleurs, cette dernière a une teneur en matières en suspension problématique (voir la section sur la qualité des eaux de surface du bassin versant).

Une étude est d’autant plus pertinente suite aux inondations du printemps 2011. Dans le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin, des agents de sensibilisation ont d’ailleurs observé de nombreux changements (COVABAR, 2014).

Au premier plan : les rapides de Saint-Jean. En arrière-plan : le pont de la voie de chemin de fer (CP) et le pont Gouin

Les plans d’eau du bassin versant de la rivière Richelieu

À l’échelle du bassin versant, 864 plans d’eau ont été identifiés représentant un total de 4,36 km² (MDDEFP, 2012).

La très grande majorité (90 %) des plans d’eau répertoriés sont de très petites dimensions (- de 0,01 km2) et beaucoup d’entre eux sont des bassins ou des étangs artificiels utilisés pour l’irrigation agricole ou à des fins ornementales.

Le principal plan d’eau est le bassin de Chambly (4,61 km2) (tableau B.2). Les autres lacs se situent aléatoirement sur le territoire et, entre autres, dans trois des Montérégiennes. 

Le lac Hertel (Mont-Saint-Hilaire)

Tableau B.2 Vocation et utilisation des principaux lacs du bassin versant. Source : Superficie Cadre de référence hydrologique du Québec, MDDEFP, 2012

Lac MunicipalitéSuperficie (km2)Vocation/utilisation
Lac Hertel Mont-Saint-Hilaire 0,33 Conservation (Centre de la nature du
Mont-Saint-Hilaire), activités d’interprétation
Lac Seigneurial
Lac des Bouleaux
Lac du Moulin
Lac à la Tortue
Lac des Atocas
Lac du Village
Saint-Bruno-de-Montarville0,42
0,12
0,12
0,02
0,01
0,02
Lacs reliés en réseau.
Source d’eau potable d’une
petite partie de la municipalité
de Saint-Bruno-de-Montarville,
conservation
(parc national du Mont-Saint-Bruno),
activités d’interprétation
Lac Saint-Damase Saint-Damase 0,02 Pêche,
activités d’interprétation
Bassin de Chambly Chambly, Saint-Mathias-sur-Richelieu et Carignan 4,61 Source d’eau potable,
sports nautiques, pêche
Lac des Outardes Sainte-Julie 0,01 Sports nautiques
Lac des Sables Saint-Charles-sur-Richelieu 0,07 Sports nautiques,
baignade
(plage du camping domaine Madalie)
Lac Cristal Saint-Bernard-de-Lacolle 0,02 Sports nautiques
Étang John Venise-en-Québec 0,04 Pêche

La zone Saint-Laurent

Dans la zone Saint-Laurent, cinq tributaires principaux sont présents. Le centre d’expertise hydrique du Québec a d’ailleurs défini les bassins versants qu’ils drainent (tableau B.3 et carte B.2).

Deux zones résiduelles sont également présentes avec des caractéristiques différentes. La zone résiduelle sud est principalement à vocation urbaine et très peu de cours d’eau sont présents, ceux-ci ayant été canalisés.

La zone résiduelle nord est fortement à vocation agricole, mais également avec la présence de milieux naturels et une partie urbaine très au nord.

Aucune station de suivi du niveau d’eau ou des débits n’est présente sur les cours d’eau situés dans la zone Saint-Laurent.

Tableau B.3 Superficie des bassins versants présents dans la zone Saint-Laurent

Rivière Superficie du bassin versant (km) Longueur des cours d’eau (km)
Rivière aux Pins 19 42,8
Rivière Sabrevois 21 25,7
Rivière Saint-Charles 88 139,1
Rivière Notre-Dame 21 36,9
Rivière Jarret 14 69,0
Zone résiduelle nord 75 145,1
Zone résiduelle sud 90 16,8

Les plans d’eau de la Zone Saint-Laurent

Dans la zone Saint-Laurent, 99 plans d’eau sont présents et représentent un total de 0,6 km² (MDDEFP, 2012). Près de 90 % de ceux-ci sont de très petites dimensions (- de 0,01 km). Leur présence est fortement dans la partie agricole du territoire.

Carte B.2 Bassin versant de la zone Saint-Laurent

Carte B.2 Bassin versant de la zone Saint-Laurent
Carte B.3 Réseau hydrique de la zone Saint-Laurent