En 2002, le ministère de l’Environnement a adopté le Règlement sur le captage des eaux souterraines afin de protéger les réserves d’eau souterraine.

Il prévoit certaines dispositions particulières pour le milieu agricole. Par exemple, il est interdit d’épandre des déjections animales ou des engrais minéraux à moins de 30 m d’un ouvrage de captage.

Aussi, il est impossible de stocker directement sur le sol des déjections animales à moins de 300 m d’un ouvrage de captage.

Pas de surveillance systématique

Contrairement aux eaux de surface, il n’existe pas de surveillance systématique de la qualité de l’eau des puits individuels, la responsabilité du suivi étant à la discrétion du propriétaire du puits. Seules les eaux des systèmes de distribution communautaire telles que définies par le Règlement sur la qualité de l’eau potable sont testées à fréquences répétées.

Parue en 2004, une vaste étude du MDDEP (Gélinas et coll., 2004) avait pour but d’évaluer les conséquences des activités d’élevage intensif sur la qualité des eaux souterraines dans sept bassins versants du sud du Québec.

Ces bassins versants avaient été sélectionnés en raison de la détérioration de leurs eaux de surface et de leur bilan de phosphore excédentaire. En tout, la campagne d’échantillonnage effectuée en 2002 a permis de recueillir plus de 1 000 échantillons d’eau de puits privés situés en zones agricoles et 94 échantillons de captages municipaux d’approvisionnement en eau potable.

Quatre paramètres ont été analysés dans les échantillons d’eau des puits privés, soit les nitrites-nitrates pour caractériser la contamination chimique et les micro-organismes indicateurs suivants : la bactérie Escherichia coli (E. coli), les bactéries entérocoques et les virus de type coliphages F-spécifiques.

Pour les captages, sept paramètres ont été analysés, soit quatre paramètres chimiques et trois paramètres bactériologiques : les nitrites-nitrates, l’azote ammoniacal, le phosphore et le carbone organique total (COT), les coliphages F-spécifiques, les bactéries entérocoques et les bactéries E. coli.

Le bassin versant de la rivière Yamaska fait partie des bassins choisis. Ce bassin est voisin de celui du Richelieu et les deux bassins partagent plusieurs caractéristiques communes quant aux pressions agricoles qui s’y exercent.

Il faut préciser que les eaux souterraines, contrairement aux eaux de surface, ne sont pas confinées par les lignes de séparation des eaux à l’intérieur d’un bassin versant.

De plus, plusieurs des sites d’échantillonnage (31) du bassin de la rivière Yamaska sont situés dans des municipalités qui sont incluses en partie dans le bassin versant de la rivière Richelieu : La Présentation, Saint-Hyacinthe, Rougemont, Sainte-Angèle-de-Monnoir et Sainte-Brigide-d’Iberville.

Enfin, un des neuf captages municipaux d’approvisionnement en eau potable étudiés alimente une population située dans le bassin versant de la rivière Richelieu, il s’agit du captage de la municipalité de Rougemont.

Constats

Quelques constats de l’étude sont donc susceptibles de s’appliquer au bassin versant de la rivière Richelieu :

  • En mai 2002, il n’y avait pas d’évidence de contamination généralisée des nappes souterraines, tant d’un point de vue microbiologique qu’en matière de nitrates […]
  • […] L’examen des points au voisinage d’un puits contaminé montre que les voisins sont très rarement contaminés. L’effet de contamination, pris au sens strict de dépassement de norme, est considéré comme local et on émet l’hypothèse que la source de contamination se trouve fort probablement dans l’environnement immédiat du puits.
  • Le suivi mensuel (juillet à novembre 2002) indique que la qualité chimique de l’eau, mesurée par les nitrites-nitrates, est presque constante et que les faibles variations ne sont pas liées à des activités saisonnières.
  • Par contre, le suivi mensuel des indicateurs microbiologiques dans les puits montre une contamination bactérienne plus fréquente en été (juillet et août) et moindre en mai et à l’automne […]
  • […] La variable expliquant le mieux la qualité de l’eau est le type de puits. Si on distingue un puits profond comme étant un forage de plus de 8 m de profondeur et un puits de surface défini comme une installation d’une profondeur de moins de 8 m, en incluant le captage de sources, la nette majorité des puits contaminés par des nitrates ou des bactéries sont des puits de surface […]