L’érosion peut être causée par le vent ou l’eau. Dans le cas de l’érosion des bandes riveraines, le principal facteur est l’eau. L’érosion des rives est un processus naturel, mais représente une menace pour les propriétaires riverains qui, on peut le comprendre, ne souhaitent pas perdre une portion de leur terrain. Cette érosion est majoritairement causée par l’action des vagues, par l’eau de ruissellement et par les courants des crues printanières et des inondations spontanées. Aussi, le sillage des bateaux augmente la fréquence des vagues qui déferlent contre les rives. Cette forme d’érosion est connue sous le nom de batillage (figure H.2). Plusieurs secteurs de la rivière Richelieu souffrent de ce phénomène. Par exemple, le batillage est la principale forme d’érosion qui affecte les bandes riveraines des Îles Jeannotte et aux Cerfs, lieu d’alevinage de plusieurs espèces de poisson en péril.

Figure H.2 Processus d’érosion des rives liée à la navigation Tiré de Robitaille, 1998
Henri Guay, Conservation de la nature

De plus, ce phénomène touche de grandes portions des bandes riveraines du fleuve Saint-Laurent et de ses îles (voir section H. 7). La vitesse des processus d’érosion peut varier selon la texture du sol des rives, le relief et l’état de la bande riveraine. L’érosion est habituellement accentuée par la réduction du couvert végétal riverain qui ne peut remplir son rôle d’atténuateur de la force du courant.

Plusieurs bandes riveraines ont été modifiées, par exemple, par des enrochements, afin de les stabiliser. Cette technique qui est relativement efficace à court terme pour contrer l’érosion n’est pas sans conséquence sur la fonctionnalité écologique des milieux riverains.

L’érosion des berges ainsi que le faible pourcentage des rives comportant des arbres et des arbustes sur le territoire sont des facteurs qui contribuent à augmenter les apports en sédiments aux cours d’eau. Différents sites d’érosion ont pu être observés lors de la caractérisation de bandes riveraines (annexe H. 1) (Deland et Drouin, 2009; Drouin et coll., 2009; St-Jean et coll., 2011; COVABAR, 2012; COVABAR, 2013; COVABAR, 2013) Maurice, 2007) et laissent croire qu’ils seraient une cause importante d’apport de sédiments aux divers cours d’eau. Ces derniers peuvent être fortement chargés en phosphore, l’un des principaux contaminants entraînés par les eaux de ruissellement, tant en milieu urbain (fertilisant à pelouse) qu’agricole (fertilisant pour les cultures).

PHOTO Érosion des rives

L’érosion contribue à diminuer la qualité de l’eau des affluents en augmentant la concentration de matières en suspension, de phosphore total et d’autres nutriments. Elle favorise aussi le vieillissement prématuré (eutrophisation) des zones d’eaux stagnantes et entraîne une augmentation des frais de filtration de l’eau potable. De plus, l’érosion des rives conduit à l’envasement du lit de la rivière et à l’augmentation de la turbidité, ce qui détruit les habitats benthiques via le dépôt de sédiments sur les roches qui composent le substrat. Elle peut aussi réduire l’oxygène dissous et la capacité des plantes à faire la photosynthèse, ainsi qu’obstruer les voies respiratoires des poissons et l’appareil digestif des animaux planctoniques.

Certains tributaires de la rivière Richelieu, tels que les rivières L’Acadie et Des Hurons, contribuent sérieusement aux apports de sédiments de celle-ci. Ce grand apport est principalement lié aux pratiques agricoles qui ont lieu dans ces deux sous-bassins (Giroux, 2000; Simoneau et Thibault, 2009; Giroux, 2010). Dans la perspective de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) visant à réduire l’érosion sur le territoire du bassin versant, il est important de jumeler les efforts de renaturalisation des bandes riveraines avec de bonnes pratiques agroenvironnementales.

Érosion de la rive par minage

Plusieurs solutions peuvent être envisagées afin de contrer les problèmes associés à l’érosion et la perte des bandes riveraines. Par exemple, la revégétalisation des rives, les aménagements d’habitats et de zones vertes urbaines, la stabilisation des voies d’accès et le ralentissement des eaux par une berme de rétention aideront à réduire l’érosion des rives.