La très forte urbanisation aux abords de la rivière Richelieu a créé une privatisation des rives dans ce bassin versant et principalement le long de cette rivière (photo ci-dessous). Au cours de l’été 2004, une caractérisation de la bande riveraine sur un segment de la rivière Richelieu a permis d’identifier le type de propriété des terrains riverains (Du Cap, 2004) (tableau H.1).

Environ 30 km de bandes riveraines ont été caractérisés, entre le pont de l’autoroute 35 à Saint-Jean-sur-Richelieu et le pont Jordi-Bonnet qui relie Belœil et Mont-Saint-Hilaire. Environ 50 % des bandes riveraines sont privées. Lors de cette étude, certaines portions de territoire n’ont pu être classées, principalement à cause du fait que de très longs segments de bandes riveraines sont situés directement à côté de la route.

En effet, deux routes (routes 133 et 223) longent la rivière Richelieu sur cette portion de territoire. La privatisation et dénaturalisation de bandes riveraines au long de la rivière Richelieu entraine donc une perte de la qualité de l’eau et de pêche via l’érosion, ainsi qu’une perte de la fonction écologique de ces habitats (voir section H. 5).

Type de propriétés Proportion (%)
Agricole 1,4
Industriel / Commercial 2,7
Public 11,3
Résidentiel 47,4
Indéterminé 37,2

Tableau H.1 Type de propriétés sur les abords de la rivière Richelieu, entre Saint-Jean-sur-Richelieu et Belœil Source : Du Cap, 2004

La privatisation fait en sorte de restreindre l’accessibilité au cours d’eau. Quelques marinas et rampes de mise à l’eau ainsi que quelques parcs riverains permettent heureusement à l’ensemble des citoyens d’avoir un certain accès à la rivière Richelieu.

Cette forte privatisation des rives a également entraîné une modification du caractère naturel de la bande riveraine (Photos ci-contre). Bon nombre de propriétaires aménagent des surfaces gazonnées qui s’étendent jusqu’au bord du cours d’eau. De plus, une grande portion des rives est bordée de structures artificielles telles que des murs de soutènement ou des structures en gabions. De nombreuses rives ont aussi été remblayées ou sont bordées de grandes sections d’enrochement (Du Cap, 2004).

Divers types d’aménagement

Crédit photo : Henry Guay, Conservation de la nature Canada
Crédit photo : Henry Guay, Conservation de la nature Canada
Crédit photo : COVABAR
Crédit photo : Henry Guay, Conservation de la nature Canada

Plusieurs propriétaires riverains ont eu recours à ces structures artificielles afin de protéger leur rive de l’érosion. Ces structures servent habituellement à contrôler l’érosion des berges, cependant, elles ne permettent pas de réduire la force érosive de l’eau. Lorsque cette zone est composée de végétaux, l’énergie hydrique du cours d’eau est captée par ceux-ci, contrairement aux surfaces de béton où l’eau glisse sur la surface. La présence de telles structures artificielles peut parfois mener à une érosion accrue le long de la rive naturelle en aval.

Cette artificialisation de la bande riveraine a été identifiée sur la portion de la rivière étudiée. Une simple visite sur le terrain permet de reconnaître le même phénomène sur presque toute la rivière Richelieu et ses tributaires en milieu urbain.