4.4.1 Constat général

Un glissement de terrain est le mouvement vers le bas, lent ou rapide, de roches ou de sédiments meubles, dont l’argile, le sable ou le gravier, ou de tous ces matériaux à la fois (Institut national de santé publique, 2015 ; Sécurité publique du Québec, 2015). Son ampleur peut varier d’un simple bloc qui se détache d’une falaise à une vaste zone représentant des dizaines de kilomètres carrés (Institut national de santé publique, 2015; Sécurité publique du Québec, 2015).

4.4.2 Situation dans la zone Richelieu/Saint-Laurent

Plusieurs secteurs du bassin versant de la rivière Richelieu sont sujets aux glissements de terrain étant donné la nature des sols profonds et à haute teneur en argile (voir carte A.8 du Portrait). Au début des années 1980, plusieurs municipalités ont été visitées par des agents du ministère de l’Énergie et des Ressources afin d’identifier les zones à risque de glissements de terrain. Plusieurs signalements ont été faits sur les territoires de Saint-Victoire-de-Sorel, Saint-Roch-de-Richelieu, Saint-Ours et Saint-Denis-sur-Richelieu. Dans plusieurs cas, des résidences ont dû être évacuées et relocalisées. D’autres signalements moins importants ont également été faits à Carignan, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Otterburn Park, Mont-Saint-Hilaire et Belœil (MSP, 2015).

Les rives de la rivière Richelieu sont des secteurs à surveiller pour les glissements de terrain. En octobre 2011, une partie de la route 133 s’est effondrée à Saint-Denis-sur-Richelieu, empêchant la circulation pendant plusieurs semaines. La topographie est relativement plane entre Saint-Basile-le-Grand et Saint-Ours. L’altitude varie entre 10 et 16 m au-dessus du niveau de la mer et la hauteur des talus des berges oscille entre 3 et 10 m, alors que les pentes des talus sont variables (Dessau, 2010). Les sections présentant des pentes fortes (jusqu’à 60 °) sont souvent caractérisées par des décrochements de talus et des instabilités (Dessau, 2010). Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a donc mis en place un Programme de stabilisation de talus et de berges de la rivière Richelieu afin de protéger les infrastructures le long des routes 133 et 223 entre Saint-Basile-le-Grand et Saint-Ours (Dessau, 2010). Depuis 2004, des travaux ont eu lieu à Saint-Antoine-sur-Richelieu et à Saint-Denis-sur-Richelieu (MTQ, 2015).

4.4.3 Causes potentielles

Lorsque les talus constitués de sols argileux atteignent une certaine hauteur et une inclinaison donnée, ils sont susceptibles d’être touchés par un glissement de terrain (Institut national de santé publique, 2015; Sécurité publique du Québec, 2015). Ce phénomène fait partie de l’évolution naturelle des talus. Un glissement surviendra si les conditions d’équilibre du talus sont modifiées naturellement ou artificiellement (Institut national de santé publique, 2015; Sécurité publique du Québec, 2015). Il n’est pas toujours facile de prévoir les glissements de terrain. La majorité d’entre eux surviennent au printemps et à l’automne. La forte teneur en argile des sols situés le long des cours d’eau du bassin de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent rend ces terrains encore plus sensibles à ce phénomène.

L’érosion de la base du talus : ce type d’érosion naturelle est accéléré par l’augmentation de la force du courant en aval des cours d’eau qui ont été redressés pour laisser place aux activités agricoles. Le sapement du courant d’eau affaiblit la base du talus, laquelle finira par se décrocher. L’érosion par batillage augmente également la vitesse et la hauteur des vagues qui frappent la base du talus.

La saturation des sols : l’infiltration de l’eau de ruissellement lors de fortes pluies ou de la fonte des neiges diminue la résistance du sol et le rend plus vulnérable aux glissements de terrain. Ce phénomène est intensifié par les activités anthropiques, notamment par la dégradation et l’artificialisation des bandes riveraines.

4.4.4 Conséquences

Les principales conséquences potentielles des glissements de terrain dans le bassin de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent sont :

  • être heurté par les débris : ceci peut arriver lorsqu’une infrastructure quelconque se trouve au pied du talus lors du glissement de terrain;
  • être emporté par le glissement : ceci peut arriver lorsqu’une infrastructure quelconque se trouve au sommet d’un talus;
  • des blessures et des décès peuvent survenir lors d’un glissement de terrain majeur;
  • du stress et des traumatismes peuvent survenir. Ceux-ci sont cependant moins étudiés (Institut national de santé publique, 2015);
  • les glissements de terrain qui tombent dans les cours d’eau font augmenter la concentration des matières en suspension et la turbidité, diminuant ainsi la qualité de l’eau pour la faune et la flore aquatique.

4.4.5 Conclusion (limites et données manquantes)

La probabilité d’un glissement de terrain dans le bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent est réelle étant donnée la nature des sols calcaires argileux qui composent le territoire. Afin d’évaluer les risques liés à ce phénomène, un portrait complet des sites historiques de glissement de terrain ainsi que des sites potentiels devrait être réalisé. Afin d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, il est essentiel de réaliser des études permettant d’identifier les zones de risque pour établir et appliquer un cadre normatif congruent avec la cartographie et adéquat pour la gestion de ces zones, et ce, tant pour le bassin versant de la rivière Richelieu (rivière Richelieu et tributaires) que pour la zone Saint-Laurent. Le phénomène des glissements de terrain est accentué par les activités anthropiques menées dans la région, qui accélèrent les processus d’érosion naturelle des bandes riveraines, et par la proximité d’infrastructures (routes ou habitations). Les glissements de terrain peuvent entraîner de graves conséquences sur la santé humaine, l’économie et l’environnement. Il est essentiel de réaliser des travaux de stabilisation et de revégétalisation des berges lorsqu’un risque est identifié.