Constat général

La chlorophylle a est un pigment végétal utilisé dans la photosynthèse. La concentration en chlorophylle a renseigne donc sur la biomasse phytoplanctonique des cours d’eau. Une forte concentration peut aussi révéler des problèmes d’eutrophisation. Ce paramètre n’est mesuré que six fois par année, de mai à octobre inclusivement. Le critère de qualité pour les eaux de surface est fixé à 8,6 µg/l (MDDELCC, 2015b).

Situation dans la zone Richelieu/Saint-Laurent

Les stations du Réseau-fleuve n’ont pas observé de dépassement, à l’exception de la station de l’Île Sainte-Thérèse, où l’amplitude est en outre assez élevée (figure 5). La situation dans les stations du Réseau-fleuve est néanmoins préoccupante, car les concentrations en chlorophylle a ayant été enregistrées sont à la hausse, exception faite de celles de la station de Contrecœur.

Dans la rivière Richelieu, ce sont encore les stations de Saint-Jean-sur-Richelieu et de Sorel qui font état des concentrations les plus importantes. Fait remarquable, la station de Lacolle a connu un dépassement pour ce critère, le seul observé en trois ans, tous critères confondus. La tendance y est néanmoins à la baisse, alors que les autres stations demeurent stables.

Finalement, c’est encore dans les tributaires de la rivière Richelieu que l’on observe les dépassements les plus importants. La tendance calculée sur une période de 10 ans montre que les concentrations ne tendent ni à croître, ni à décroître.

Pour la rivière aux Pins, une seule station a fait l’objet d’un suivi de la chlorophylle a. Sur les 12 échantillons prélevés, pas moins de huit ont dépassé le critère de qualité des eaux avec une amplitude moyenne de 4.

Figure 5 Pourcentage d’échantillons ayant dépassé le critère de qualité pour le phosphore de 2011 à 2013 et amplitude moyenne observée

Causes potentielles

Les dépassements de concentration de la chlorophylle a sont attribuables à un enrichissement du milieu, principalement en phosphore, mais aussi en azote. L’azote étant assez peu problématique dans les cours d’eau du territoire, les causes seraient donc plutôt les mêmes que celles citées plus haut pour le phosphore.

Dans le cas de la rivière aux Pins, la position de la station 2 suggère une contamination en phosphore d’origine urbaine. Le faible débit des tributaires du fleuve, comme la rivière aux Pins, et des tributaires de la rivière Richelieu vient amplifier le phénomène. Il a aussi été remarqué que la présence de certains pesticides dans l’eau, comme le glyphosate, pouvait favoriser la croissance de cyanobactéries, car celles-ci y trouvent une source de phosphore (Giroux, 2012).

Conséquences

La chlorophylle a est utilisée comme indicateur de la productivité des lacs. Si elle n’est pas problématique en elle-même, sa présence en forte concentration est cependant symptomatique d’un problème d’eutrophisation. L’eutrophisation est souvent comparée à un étouffement des cours d’eau. Elle se manifeste effectivement par une baisse de l’oxygène dissous pouvant être délétère pour la vie aquatique.

Aussi, l’accumulation de matière organique dans les sédiments diminue considérablement la valeur esthétique des cours d’eau et peut causer des odeurs nauséabondes issues de la dégradation anaérobie de la matière organique.

Conclusion (limites et données manquantes)

Les concentrations en chlorophylle a sur le territoire sont préoccupantes, d’autant plus que les tendances observées sur 10 ans ne montrent pas de diminution, sauf à la station Lacolle. Les concentrations dans les eaux de la rivière aux Pins sont aussi préoccupantes, mais il serait intéressant d’effectuer un suivi annuel afin de voir s’il y a amélioration ou dégradation pour ce paramètre.