Constat général

L’azote total inclut l’azote ammoniacal, les nitrites et les nitrates ainsi que l’azote organique. L’azote est un nutriment essentiel à la croissance des plantes. La mesure de l’azote total permet ainsi d’évaluer le potentiel d’eutrophisation d’un cours d’eau (Breune, 2013). Une trop grande concentration en azote total peut indiquer un enrichissement des cours d’eau. Le critère de qualité de l’eau pour l’azote est fixé à 1 mg/l.

Situation dans la zone Richelieu/Saint-Laurent

L’azote n’est pas préoccupant stations du Réseau-fleuve où aucun dépassement n’a été observé (figure 4). Dans la rivière Richelieu, les seules stations ayant enregistré des dépassements d’amplitude relativement modeste se situent en milieu urbain. Il en va autrement pour les stations situées sur les tributaires de la rivière.

Les concentrations en azote total dépassent le seuil de 1 mg/l dans plus des trois quarts des échantillons prélevés. Les concentrations observées dans la rivière des Hurons ont dépassé le critère dans 100 % des cas, avec une amplitude quasi égale à celle de la rivière L’Acadie. On note aussi que les nitrites et les nitrates donnent une qualité douteuse à l’eau des stations de ces deux tributaires.

Aucune mesure de l’azote total n’a été effectuée dans la rivière aux Pins, mais les concentrations en nitrites et nitrates ont été mesurées. Il en ressort que ces paramètres ne sont pas préoccupants pour les eaux de la rivière.

Figure 4 Pourcentage d’échantillons ayant dépassé le critère de qualité pour l’azote total de 2011 à 2013 et amplitude moyenne observée

Causes potentielles

La présence d’azote dans l’eau peut avoir des causes multiples, notamment les pertes inhérentes au cycle de l’azote, le lessivage des terres agricoles, les effluents et le ruissellement urbains ainsi que les rejets industriels. Un dépassement du critère de qualité indique cependant une surfertilisation du milieu due aux activités anthropiques (Conseil canadien des ministres de l’environnement, 2009).

Encore une fois, les stations de Saint-Jean-sur-Richelieu et de Sorel se trouvant en milieu urbain, les causes les plus probables de leurs dépassements seraient le ruissellement et les effluents municipaux. À Saint-Jean-sur-Richelieu, les dépassements ont surtout été observés au début des trois années du présent suivi, ce qui pourrait laisser supposer une amélioration dans les infrastructures de la ville ou de l’eau de ruissellement.

Pour les stations Hurons et L’Acadie, les causes peuvent être multiples. D’abord, la présence d’ouvrages d’assainissement le long des deux rivières a un rôle à jouer. Elle pourrait aussi expliquer le fait que des dépassements sont observés tout au long de l’année. Néanmoins, les pics plus importants observés dans les concentrations estivales et automnales laissent supposer un apport non négligeable du milieu agricole. En effet, ces périodes pourraient correspondre à l’épandage de fertilisants chimiques et organiques. Comme les nitrites et les nitrates sont particulièrement solubles et que la végétation le long des cours d’eau est déficiente, on assiste à un lessivage accru de l’azote.

Conséquences

En plus de contribuer à l’eutrophisation des cours d’eau par une fertilisation excessive du milieu, l’azote peut, dans certains cas, se révéler toxique pour la vie aquatique. Il n’existe pas de critère fixe pour l’azote ammoniacal, car la toxicité du composé varie selon la température et le pH de l’eau. La rivière des Hurons est la seule station ayant obtenu des concentrations dépassant le critère de qualité variable fixé pour l’azote ammoniacal (Conseil canadien des ministres de l’environnement, 2010; Conseil canadien des ministres de l’environnement, 2009).

Les nitrites et les nitrates (NOX) peuvent eux aussi être toxiques lorsqu’ils atteignent certaines concentrations. Les nitrites se transforment rapidement en nitrates, et les deux sont généralement analysés de concert, même si leur toxicité diffère. Une concentration au-delà du critère de qualité de l’eau de 2,9 mg/l pour les NOX peut se révéler toxique pour la vie aquatique et présenter des risques pour la consommation humaine (Santé Canada, 2012).

Finalement, l’eutrophisation des cours d’eau entraîne une perte esthétique non négligeable.

Conclusion (limites et données manquantes)

L’azote semble peu problématique dans le bassin versant de la rivière Richelieu et dans la zone Saint-Laurent. Néanmoins, les concentrations en nitrites et nitrates dans les rivières L’Acadie et des Hurons sont plus élevées qu’ailleurs. Comme le fumier peut être responsable d’un enrichissement en phosphore des eaux, il pourrait être intéressant d’étudier les modes d’épandage pratiqués sur le territoire.