Il existe d’autres contaminants des eaux de surface qui ne sont pas analysés. On peut citer, entre autres, les métaux, les hydrocarbures, différents produits chimiques d’origine industrielle et les déchets retrouvés sur les plans d’eau et les berges des cours d’eau.

1.1.8.1 Constat général

Hydrocarbures

Les hydrocarbures tirent leur nom de leur composition à base de carbone et d’hydrogène. Les hydrocarbures se présentent sous plusieurs formes (Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec, 2013) et peuvent se retrouver dans les eaux du bassin versant et de la zone Saint-Laurent. Un litre d’hydrocarbure peut polluer jusqu’à 1 million de litres d’eau (Canton de Vaud, s.d).

Contaminants industriels

Les industries peuvent être responsables de la présence de différents contaminants dans les eaux de surface. Les critères gouvernementaux relatifs aux rejets industriels indiquent généralement une concentration maximale pour les divers produits rejetés. Une industrie qui se conforme aux exigences gouvernementales en matière de rejets n’en déverse pas moins une eau plus ou moins contaminée dans les cours d’eau ou dans le système d’égouts municipal.

Déchets

Les déchets retrouvés peuvent être de toutes sortes : sacs de plastique, carcasses de voitures, électroménagers, tables à pique-nique, boîtes de conserve, etc.

Situation dans la zone Richelieu/Saint-Laurent

Hydrocarbures

La Société Radio-Canada (Société Radio-Canada, 2015) a récemment mis la main sur un rapport de Transport Canada recensant les déversements ayant eu lieu dans le fleuve Saint-Laurent. Ce document traite uniquement des déversements provoqués par les bateaux et n’aborde donc pas les événements comme celui qui s’est produit à l’usine de pompage de Longueuil en janvier 2015. La carte produite par la société d’État montre une quantité impressionnante de déversements dans le fleuve. On en situe même un à la hauteur du bassin de Chambly.

Contaminants industriels

Différents contaminants (MDDEFP, 2013) sont retrouvés dans la rivière Richelieu et dans le fleuve Saint-Laurent, notamment des biphényles polychlorés (BPC), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et du polybromodiphényléther (PBDE), un produit utilisé pour ses propriétés ignifuges.

Déchets

Aucune analyse ou campagne de suivi n’a été effectuée pour les différents déchets retrouvés sur le territoire, mais leur présence n’en demeure pas moins bien réelle et visible. Plusieurs corvées de nettoyage ont été effectuées sur le territoire. Il est généralement aisé d’impliquer la population dans de tels événements.

1.1.8.3 Causes potentielles

Hydrocarbures

Les hydrocarbures présents dans l’eau peuvent provenir des rejets industriels, de bris d’équipement (comme à la station de traitement des eaux de Longueuil en janvier 2015), des eaux de ruissellement (par le biais des égouts pluviaux) et des bateaux marchands ou de plaisance.

Contaminants industriels

Bien que les lois se soient resserrées au cours des dernières années, certains produits sont encore rejetés dans l’environnement de façon légale ou accidentelle. En outre, la rémanence de certains produits dans l’environnement les rend encore détectables même si la source de contamination n’existe plus depuis plusieurs années.

Déchets

Les déchets comme on les définit ici sont tous d’origine anthropique. Certains cours d’eau semblent avoir jadis servi de dépotoir, comme en témoigne la diversité des déchets qu’on y retrouve. Différents déchets jetés accidentellement ou délibérément sur le sol peuvent aussi suivre le système d’égouts pluviaux jusqu’au point de rejet. Les agents du COVABAR ont aussi constaté que certains plaisanciers se débarrassaient de leurs ordures en les jetant directement dans la rivière.

Conséquences

Hydrocarbures et contaminants industriels

Plusieurs des produits possiblement retrouvés sont toxiques pour la faune en générale et pour l’humain. Leurs effets sur la santé peuvent être très divers. Par exemple, les BPC peuvent s’attaquer au système nerveux et on les suspecte d’avoir une incidence sur les taux de certains cancers (Santé Canada, 2013). Les HAP sont eux aussi suspectés d’être cancérigènes. Leurs effets sur les communautés aquatiques sont nombreux et vont du retard de croissance à la mort instantanée en passant par des conséquences tératogènes.

Déchets

Les conséquences de la présence de déchets dans les cours d’eau ou sur le littoral sont aussi diverses que la nature des déchets eux-mêmes. La présence de pneus, par exemple, peut diffuser des contaminants chimiques dans l’environnement. Les déchets coupants ou tranchants comme les boîtes de conserve peuvent occasionner des blessures aussi bien à la faune qu’à l’humain. Les sacs de plastique peuvent engendrer des produits de dégradation toxiques pour la vie aquatique, mais aussi occasionner des étouffements en cas d’ingestion par la faune. Les carcasses de voitures ou les vieux réservoirs d’huile peuvent aussi polluer l’environnement en déversant les fluides qu’ils contiennent. Les exemples de conséquences sont innombrables. La présence de déchets peut par ailleurs faire augmenter considérablement les coûts de traitement de l’eau.

Conclusion (limites et données manquantes)

Les coûts associés aux analyses des différents contaminants demeurent largement prohibitifs. Aussi, peu de suivis sont effectués, tant en ce qui a trait à leur présence qu’à leurs conséquences pour l’environnement. Il serait malgré tout intéressant d’en savoir plus sur les différents contaminants présents sur le territoire. À ce chapitre, une meilleure connaissance des industries présentes dans le bassin versant et dans la zone Saint-Laurent ainsi que des polluants leur étant associés devra être acquise.

Il serait aussi pertinent de se procurer les documents existants qui répertorient les hydrocarbures.

Une station d’échantillonnage des métaux existe sur le fleuve Saint-Laurent. Malheureusement, l’analyse de ces données est relativement complexe et elle ne sera donc pas effectuée dans la présente version du diagnostic.

Il serait aussi avisé de dresser une liste des contaminants dont la présence sur le territoire est connue et d’en faire un suivi régulier.