2.1.1 Constat général

Différentes sources d’approvisionnement peuvent être utilisées pour combler les besoins en eau sur un territoire donné. Le choix du type d’approvisionnement dépend de la disponibilité et de la qualité de la ressource eau. Habituellement, l’eau potable est prélevée par des systèmes de pompage et traitée dans des usines de traitement de l’eau potable. Ensuite, elle parvient aux usagers par le biais de systèmes publics (comme les aqueducs) ou de systèmes privés (comme les puits au roc). Ces systèmes puisent leur ressource dans les eaux de surface ou les eaux souterraines (Carrier et coll., 2013a).

2.1.2 Situation dans la zone Richelieu/Saint-Laurent

Sur le territoire du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, l’approvisionnement en eau potable se fait principalement à partir de l’eau de surface. Selon les données du MDDELCC (2015) présentées dans le tableau C.3 de la section Usages du Portrait, 48 municipalités ont des réseaux de distribution qui s’approvisionnent principalement dans les eaux de surface, six dans les eaux souterraines et deux ont un approvisionnement mixte (eaux de surface et souterraines).

Bien qu’il y ait 64 réseaux de distribution d’eau potable sur le territoire, les prises d’eau sont peu nombreuses. En effet, pour alimenter les municipalités du territoire, on compte 35 prises d’eau potable municipales réparties entre la rivière Richelieu (11), le fleuve Saint-Laurent (8) et les eaux souterraines (16).

En plus d’approvisionner de nombreuses municipalités du bassin versant, la rivière Richelieu est aussi utilisée comme source d’eau potable pour certaines municipalités situées à l’extérieur du territoire du bassin versant. Cependant, ces municipalités ne sont pas prises en compte dans le présent Plan directeur de l’eau.

La ressource eau est suffisamment abondante sur le territoire de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent pour pallier la demande actuelle en eau potable des usagers. Malgré cela, le territoire n’est pas à l’abri de problèmes liés à l’approvisionnement en eau.

2.1.3 Événements pouvant affecter l’approvisionnement

D’abord, l’approvisionnement en eau potable peut être affecté par l’altération de la qualité de la source. En effet, dans le cas où une baisse de qualité de l’eau prélevée est observée, il est possible qu’il soit nécessaire de modifier les paramètres de traitement de l’eau, voire d’implanter d’autres technologies. L’altération de la qualité peut s’observer dans le cas d’une contamination particulière due à l’activité humaine (déversement de carburants à proximité d’une prise d’eau potable, épandage de boues provenant des eaux usées à proximité d’une source d’eau souterraine, etc.).

Ensuite, des problèmes d’altération de la qualité de l’eau liés aux changements climatiques sont anticipés. Il faut savoir que les hausses et les baisses saisonnières du débit des cours d’eau et du ruissellement ont des conséquences sur le transport, la durée de séjour et la dilution des polluants et affectent par conséquent la qualité de l’eau. Par exemple, la baisse du volume d’eau d’une rivière diminue son pouvoir de dilution des contaminants. Des modifications dans le régime d’écoulement du fleuve Saint-Laurent sont également appréhendées. Cela pourrait avoir pour conséquence de perturber les panaches de mélange des rejets des eaux usées ou des affluents, provoquant la modification de l’aire d’eau contaminée. Ainsi, une prise d’eau qui, à l’origine, était située à l’extérieur d’un panache pourrait s’y retrouver. La qualité de l’eau prélevée serait ainsi largement altérée. Ce phénomène pourrait être observé dans n’importe quel cours d’eau si les panaches des eaux usées sont déviés et se retrouvent dans le périmètre de pompage d’une prise d’eau potable située en aval (Ouranos, 2004).

L’approvisionnement en eau potable peut également être compromis si les niveaux d’eau des rivières ou du fleuve d’où provient l’eau descendent sous le niveau des prises d’eau potable. Ce phénomène est d’autant plus probable dans le contexte de changements climatiques actuel. En effet, des niveaux d’étiage beaucoup plus bas sont attendus. Le niveau d’eau pourrait ainsi se retrouver sous le seuil critique permettant l’approvisionnement en eau, particulièrement dans les endroits où les prises d’eau sont peu profondes. Des situations problématiques sont notamment attendues pour les municipalités qui prennent leur eau de surface dans le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires (Ouranos, 2004).

Le niveau d’eau d’une source souterraine peut aussi s’abaisser. L’eau peut alors être insuffisante ou difficile à capter. Il est également possible qu’une source d’eau souterraine s’épuise complètement (Ouranos, 2004).

2.1.4 Conséquences

L’altération de la qualité de l’eau brute prélevée peut avoir des conséquences sur la santé humaine. Des traitements appropriés doivent en effet être effectués pour garantir la salubrité de l’eau salubre et l’absence de danger pour la santé humaine. Or, il est possible que les traitements employés actuellement dans les usines ne soient pas suffisants pour certains cas de contamination. Cette problématique relève donc de la sécurité publique et nécessite un suivi particulier.

Lorsqu’une prise d’eau potable se retrouve sous le niveau de l’eau de la source d’approvisionnement, les municipalités concernées doivent assumer les frais nécessaires pour refaire leur prise d’eau potable afin qu’elle soit à nouveau fonctionnelle. De plus, si le problème n’a pas été anticipé, des municipalités pourraient se retrouver temporairement sans prise d’eau potable, privant des commerces, des industries, des institutions et des centaines, voire des milliers de citoyens d’eau potable. Il sera donc nécessaire d’effectuer des études pour les prises d’eau potable les plus à risque afin d’évaluer les risques potentiels et d’en aviser les municipalités concernées.

2.1.5 Conclusion (limites et données manquantes)

Puisque les ressources en eau sont abondantes sur le territoire de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, l’approvisionnement en eau ne devrait pas être problématique. Cependant, l’altération de la qualité de l’eau peut avoir un impact significatif sur l’approvisionnement. En effet, si la qualité de l’eau brute est mauvaise, il pourrait se révéler impossible de la prélever ou les coûts liés au traitement pourraient être grandement augmentés. Il est donc essentiel que des études soient réalisées pour assurer le prélèvement d’une eau de qualité. D’ailleurs, le nouveau Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) du gouvernement du Québec, entré en vigueur en grande partie le 14 août 2014, exigera, à partir du 1er avril 2015, que le responsable d’un prélèvement d’eau de surface ou d’eau souterraine de catégorie 1 (desservant un système d’aqueduc d’une municipalité alimentant plus de 500 personnes et au moins une résidence) fournisse au ministre, tous les cinq ans, un rapport contenant certains renseignements. Ces renseignements incluent la caractérisation du prélèvement, le niveau de vulnérabilité des eaux, l’évaluation des menaces et l’identification des causes permettant d’expliquer les problématiques observées. De plus, il serait important que les études effectuées soient harmonisées, puisque les prises d’eau potable situées dans la rivière Richelieu se succèdent le long du cours d’eau et il en est de même pour le fleuve Saint-Laurent.

Enfin, bien que ce ne soit pas suffisant, les économies d’eau potable permettront de limiter les conséquences liées aux pénuries d’eau potable en cas de problème d’approvisionnement.