Constat général

Une espèce exotique envahissante (EEE) est un animal, un végétal ou un micro-organisme introduit hors de son aire de répartition naturelle et dont l’établissement constitue une menace pour l’environnement, l’économie ou la société (MDDELCC, 2015g).

De nombreux vecteurs contribuent à la propagation volontaire et involontaire des EEE. Le transport maritime, le commerce international, l’aquariophilie et la pêche sportive n’en sont que quelques exemples. Les EEE ont des impacts négatifs sur l’environnement, la société et l’économie locale et régionale.

Situation sur le territoire

Sur le territoire du bassin de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, plusieurs espèces exotiques envahissantes (EEE) fauniques et floristiques sont observées, certaines étant déjà établies et d’autres étant potentiellement envahissantes et devant être surveillées.

Quelques études ponctuelles permettant de confirmer la présence d’espèces floristiques sur le territoire ont été réalisées (Comité ZIP Jacques-Cartier, en 2014; Parcs Canada en 2014 [Beaudet, 2014] et Ville de Boucherville en 2010). Plusieurs observations de ces EEE floristiques ont également été faites lors des différents projets de caractérisation des cours d’eau réalisées par le COVABAR, dont plusieurs au sein du bassin versant de la rivière L’Acadie durant l’été 2014.

Un grand nombre de ces espèces sont présentées dans la section sur les causes potentielles (tableau 12). Cependant, aucun recensement approfondi n’a été effectué sur l’ensemble du territoire, ce qui ne permet pas d’avoir une idée juste et précise de l’ampleur du phénomène (présence, propagation et établissement des espèces).

Causes potentielles

Les causes contribuant à la propagation des EEE sont nombreuses. Cependant, les principales causes de propagation sont d’origine anthropique. Celles présentées par le Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes sont détaillées ci-dessous (CQEEE, 2014a). Le tableau 12 présente les causes potentielles de l’introduction des EEE observées dans le bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent.

Aquariophilie

L’aquariophilie est une activité très en vogue qui contribue grandement à la propagation de certaines EEE fauniques et floristiques. En effet, les adeptes de cette activité relâchent, lorsqu’ils ne les veulent plus, des plantes et des animaux aquatiques exotiques dans des milieux dont ils étaient auparavant absents. Certaines espèces végétales peuvent se reproduire de façon végétative simplement à partir d’un fragment. C’est le cas du myriophylle à épis, une plante d’origine eurasienne utilisée dans les aquariums qui a la capacité de former une plante complète à partir d’un petit fragment de plante. Ses chances de survivre et de se reproduire dans son nouveau milieu sont donc très élevées (CQEEE, 2014a).

Horticulture

Certaines espèces végétales exotiques envahissantes intéressent les botanistes et les horticulteurs amateurs en raison de leur beauté et de leur exotisme. Ces derniers agrémentent leurs plates-bandes et leurs jardins d’eau avec ces plantes, favorisant leur introduction et leur propagation. Plusieurs parviendront ainsi à s’implanter dans le milieu naturel, à proliférer et à devenir envahissantes (CQEEE, 2014a). Leur implantation est en outre facilitée par l’absence de prédateurs naturels dans le nouveau milieu.

Tableau 12 Causes potentielles d’introduction et de propagation des EEE présentes ou potentiellement présentes dans le bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent

Espèces fauniques aquatiques

Nom vernaculaire Nom scientifique Aquariophilie Horticulture Pêche sportive Navigation de plaisance Aquaculture Transport maritime Commerce international Commerce en ligne Tourisme Contrôle biologique Poissonneries Cours d’eau et fossés
Carpe commune1   X   X X   X           X
Gardon rouge (rotengle)1 Scardinius erythrophthalmus     X X   X           X
Gobie à taches noires1 Neogobius melanostomus     X X   X           X
Moule zébrée1 Dreissena polymorpha     X X   X            
Tanche1 Tinca tinca         X             X
Tortue à oreille rouge Trachemys scripta elegans x                      

Espèces floristiques terrestres et aquatiques

Nom vernaculaire Nom scientifique Aquariophilie Horticulture Pêche sportive Navigation de plaisance Aquaculture Transport maritime Commerce international Commerce en ligne Tourisme Contrôle biologique Poissonneries Cours d’eau et fossés
Alpiste roseau2,3 Phalaris arundinacea   X                    
Berce du Caucase2 Heracleum mantegazzianum   X                    
Butome à ombelle1,2,3 Butomus umbellatus L. X X                   X
Châtaigne d’eau1,2 Trapa natans   X X X                
Hydrocharide grenouillette1,2 Hydrocharis morsus-ranae   X X X               X
Myriophylle à épi1,2 Myriophyllum spicatum X X X X                
Nerprun bourdaine2 Rhamnus Frangula   X                    
Nerprun cathartique1 Rhamnus cathartica   X                    
Phragmite (roseau commun)1,2,3 Phragmites australis                       X
Renouée japonaise1,2 Fallopia japonica   X                   X
Salicaire pourpre (commune)1,2,3 Lythrum salicaria   X                    

Insectes

Nom vernaculaire Nom scientifique Aquariophilie Horticulture Pêche sportive Navigation de plaisance Aquaculture Transport maritime Commerce international Commerce en ligne Tourisme Contrôle biologique Poissonneries Cours d’eau et fossés
Agrile du frêne1 Agrilus planipennis             X          
Coccinelle asiatique Harmonia axyridis                   X    
Champignon causant le syndrome du museau blanc Pseudogymnoascus destructans                 X      

Espèces fauniques potentiellement présentes sur le territoire

Nom vernaculaire Nom scientifique Aquariophilie Horticulture Pêche sportive Navigation de plaisance Aquaculture Transport maritime Commerce international Commerce en ligne Tourisme Contrôle biologique Poissonneries Cours d’eau et fossés
Carassin (poisson rouge) Carassius auratus X                      
Crabe chinois à mitaines Eriocheir sinensis           X X   X   X  
Crevette rouge sang Hemimysis anomala       X   X            
Écrevisse à taches rouges Orconectes rusticus X   X                  
Moule quagga Dreissena bugensis     X X   X            
Petite corbeille d’Asie Corbicula fluminea X   X X   X            

Espèces floristiques potentiellement présentes sur le territoire

Nom vernaculaire Nom scientifique Aquariophilie Horticulture Pêche sportive Navigation de plaisance Aquaculture Transport maritime Commerce international Commerce en ligne Tourisme Contrôle biologique Poissonneries Cours d’eau et fossés
Impatiente de l’Himalaya Impatiens glandulifera   X                    
Potamot crépu Potamogeton crispus     X X                

* Liste non exhaustive. Des espèces peuvent être ajoutées au fil du temps.

1 Observation des EEE floristiques par le COVABAR dans le cadre des activités de caractérisation des cours d’eau du bassin versant de la rivière L’Acadie. Les EEE fauniques ont pu être observées par les agents de sensibilisation au cours des activités estivales.

2 Observation par le comité ZIP Jacques Cartier. Celui-ci participe au suivi des EEE du MDDEP depuis 2008, lequel consiste à s’intéresser à l’évolution des espèces végétales exotiques envahissantes le long du fleuve Saint-Laurent. Pendant l’été 2014, une partie du suivi a été réalisé à Boucherville, à Longueuil et à Contrecœur, des municipalités situées sur le territoire de la zone Saint-Laurent.

3 Observation par Parcs Canada qui a réalisé, en 2014, un inventaire des espèces végétales présentes le long du canal de Chambly.

Sources : Beaudet, 2014; Comité ZIP Jacques-Cartier, 2014; CQEEE, 2014; MFFP, 2013; Nature-Action Québec, 2012

Pêche sportive

La pêche sportive contribue de plusieurs façons à la propagation des EEE. D’abord, certaines espèces de poissons exotiques sont introduites volontairement dans des plans d’eau à des fins de pêche sportive. Également, l’utilisation de poissons vivants ou d’autres organismes comme l’écrevisse à taches rouges pour appâter le poisson est un vecteur important de propagation (CQEEE, 2014a). Enfin, l’équipement de pêche et l’embarcation peuvent transporter des EEE (végétales ou animales) d’un plan d’eau à un autre s’ils ne sont pas nettoyés entre les deux.

Navigation de plaisance

De nombreux organismes aquatiques peuvent se retrouver sur ou dans une embarcation (dans le fond du bateau, sur la coque, le moteur ou l’hélice). Si l’embarcation est transportée d’un plan d’eau à un autre sans être nettoyée, cela permet à ces organismes de voyager sur une grande distance et de coloniser un milieu dans lequel l’espèce était auparavant absente. Il ne faut pas oublier que la remorque du bateau, qui se retrouve à la fois sur terre et dans l’eau, peut contribuer à la propagation d’EEE aquatiques ou terrestres. Il va sans dire que les lacunes en matière d’inspection, de réglementation et de divulgation d’informations (sensibilisation) auprès des plaisanciers peuvent augmenter les risques de propagation des EEE. Cela s’applique également aux pêcheurs sportifs.

Aquaculture

L’aquaculture fait référence à « la production contrôlée, en milieu naturel ou en bassin, d’animaux ou de végétaux aquatiques destinés à l’alimentation » (CQEEE, 2014a). Lorsque les individus élevés sont d’origine exotique et que certains s’échappent du milieu de production contrôlée, ils peuvent se propager dans le milieu naturel au détriment des espèces indigènes.

Transport maritime

Le transport maritime est l’un des principaux vecteurs de propagation des EEE. D’abord, des organismes peuvent adhérer à la coque des bateaux et ainsi parcourir de longues distances. Également, l’eau de lest, qui peut contenir des centaines d’espèces différentes (plantes aquatiques, fragments d’algues, micro-organismes planctoniques, petits poissons, œufs et larves, invertébrés, etc.), permet le transport de ces organismes (Pêches et Océans, 2014a). Ce phénomène est d’autant plus problématique en cette ère de mondialisation, car le commerce international suppose une augmentation du nombre d’échanges maritimes entre les pays.

Au Canada, on considère que ce vecteur a permis l’introduction d’environ 75 % des EEE dans la région des Grands Lacs (Pêches et Océans, 2014a). Depuis 2006, une nouvelle réglementation nord-américaine (conjointe Canada et États-Unis), qui exige le renouvellement des eaux de lest des navires à une certaine distance des côtes, a largement réduit l’impact de ce vecteur. En effet, alors qu’on évalue à 34 le nombre d’espèces introduites dans les Grands Lacs par ce procédé entre 1959 et 2006, aucune nouvelle espèce exotique n’a été observée depuis l’adoption de cette réglementation (Pêches et Océans Canada, 2014b).

Commerce international

Comme mentionné précédemment, le commerce international suppose une augmentation des échanges entre les pays, offrant ainsi de nombreux moyens de transport et de propagation. Les EEE voyagent également par les voies aérienne et terrestre (Hulme, 2009).

Commerce en ligne

La vente d’organismes vivants de toutes sortes sur Internet est très en vogue de nos jours. Ceci est facilité par l’accessibilité de ce médium et la difficulté pour les instances gouvernementales d’imposer des règlements. Ainsi, des espèces exotiques sont vendues en ligne dans tous les pays, y compris plusieurs espèces dont la vente est pourtant règlementée (Invasive Species Advisory Committee, 2012).

Tourisme

Les touristes peuvent transporter accidentellement des morceaux de plantes et des insectes dans leurs valises, sur leurs vêtements ou leurs chaussures, ainsi que des parasites et des maladies. Également, ils peuvent aussi transporter volontairement des spécimens exotiques d’un milieu à un autre. Ce phénomène est en pleine croissance, puisque le tourisme est de plus en plus populaire. De plus, la variété d’espèces transportées entre les pays devrait augmenter puisque les destinations des voyageurs sont de plus en plus nombreuses (Réseau Veille Tourisme, 2015).

Mesures de contrôle biologique

La plupart des EEE n’ayant pas de prédateur dans leur nouveau milieu, il est parfois envisagé, pour lutter biologiquement contre une EEE, d’introduire un prédateur ou un parasite afin d’enrayer l’espèce indésirable. Bien que cela semble à priori une bonne idée, c’est une technique risquée puisque cette nouvelle espèce exotique, bien qu’introduite à des fins de contrôle d’une première espèce, peut se révéler dangereuse en s’attaquant à des espèces indigènes, ce qui peut mener à l’extinction de ces espèces et au déséquilibre total des écosystèmes (Simberloff, 1996). Aujourd’hui, un contrôle rigoureux est établi autour des agents de lutte biologique au Canada, ce qui réduit les risques puisque la demande d’introduction est examinée par un Comité d’examen de la lutte biologique, de même que par des homologues aux États-Unis et au Mexique, avant d’être approuvée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA, 2013).

Poissonneries

Il est fréquent d’observer la vente d’organismes aquatiques vivants dans les marchés de poissons. Dans certains états américains, ce vecteur serait responsable de l’introduction d’espèces non indigènes dont des anguilles et le poisson à tête de serpent. Au Canada, incluant Montréal, ce sont 14 espèces de poissons vendus vivants qui ont été répertoriés par Rixon en 2005, dont la carpe à grosse tête, la carpe de roseau et le tilapia. Ces espèces exotiques pourraient se retrouver dans les cours d’eau environnants.

Cours d’eau et fossés

Les cours d’eau sont d’excellents vecteurs de propagation des EEE végétales. D’abord, le sol humide et l’aspect naturel des rives non artificialisées créent des milieux propices à l’installation et à la prolifération de nombreux végétaux. De plus, plusieurs plantes profitent des milieux perturbés en bordure des cours d’eau ou lors de la création de fossés. Par exemple, le roseau commun s’est largement répandu au Québec lors du développement du réseau d’autoroutes. Il a profité des fossés créés pour se propager (Lelong, 2007). Les cours d’eau peuvent également transporter des graines ou des fragments de plante sur de longues distances. Les poissons peuvent franchir d’eux-mêmes des distances importantes dans les cours d’eau, ce qui leur permet de coloniser de nouveaux milieux.

Sur le territoire du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, l’horticulture constitue sans doute le principal moyen d’introduction et de propagation des EEE végétales, suivie par la pêche sportive et la navigation de plaisance. Ces dernières seraient également les principales causes d’introduction et de propagation des EEE fauniques. De plus, la connexion naturelle entre la rivière Richelieu et le lac Champlain, d’une part, et entre la rivière Richelieu et les Grands Lacs via le fleuve Saint-Laurent, d’autre part, constitue un vecteur de propagation important.

Il faut également mentionner que les changements climatiques sont susceptibles d’exacerber la propagation des EEE sur le territoire, ce qui entraînera de lourdes conséquences sur les écosystèmes (MDDELCC, s.d.a).

Conséquences

Globalement, les EEE ont des conséquences à la fois sur l’environnement, la société et l’économie. D’abord, d’un point de vue environnemental, les EEE créent des pressions sur la biodiversité indigène par la prédation, la compétition pour les ressources et le parasitisme, en plus de pouvoir s’hybrider et véhiculer des maladies. Les impacts des EEE sur les écosystèmes sont graves et souvent irréversibles. Elles peuvent en effet décimer des populations indigènes et prendre leur place, réduisant du même coup la biodiversité. De plus, les EEE constituent une menace pour les espèces rares, menacées ou vulnérables, lesquelles sont plus à risque d’être délogées par l’arrivée d’espèces étrangères. Par exemple, la tanche et la carpe commune sont des EEE pouvant causer des problèmes d’accès aux ressources pour les espèces en péril, notamment des poissons de fond comme le chevalier cuivré et le chevalier de rivière. Le gobie à taches noires, une espèce territoriale, peut également affecter la disponibilité des habitats pour le dard de sable et le fouille roche-gris, des espèces de poissons qui sont considérées comme menacées au Québec.

Le tableau 13 présente plusieurs types d’impacts appréhendés pour certaines EEE végétales présentes sur le territoire.

Enfin, il faut savoir que certaines activités peuvent être largement compromises par la prolifération d’EEE, en particulier les activités nautiques (pêche, canot, kayak, embarcation de plaisance motorisée, etc.).

Tableau 13  Types d’impacts appréhendés pour certaines EEE végétales observées sur le territoire du bassin versant de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent

Types d’impacts Salicaire pourpre Renouée japonaise Butome à ombelle Alpiste roseau Roseau commun Myriophylle à épis Hydrocharide grenouillette Châtaigne d’eau
Création de colonies denses et inhospitalières (réseau dense de rhizomes) pour les plantes X   X X X X X X
Création de colonies denses et inhospitalières (libération de toxines) pour les plantes   X            
Remplacement des plantes indigènes X X X X X X    
Appauvrissement des communautés indigènes X X X X X X X X
Modification des fonctions et de la structure des écosystèmes X X X X X X X X
Altération de l’écoulement de l’eau dans les fossés envahis X       X      
Accélération considérable de l’eutrophisation des plans d’eau           X    
Modification des sites de fraie de certains poissons           X    
Nuisance aux activités récréatives (navigation de plaisance, pêche, baignade)           X X X
Limitation de l’apport en lumière, en gaz dissous et en nutriments pour les autres plantes submergées             X X

Source : CARA, s.d.

Conclusion (limites et données manquantes)

Les EEE constituent une problématique mondiale préoccupante qui n’épargne pas le bassin versant de la rivière Richelieu et la zone Saint-Laurent. Cependant, les connaissances des EEE présentes sur notre territoire sont sommaires.

Il est donc impossible de dresser un portrait complet des EEE fauniques et floristiques. De nombreuses observations ont cependant été faites et permettent de conclure que les EEE constituent une réelle problématique. Un inventaire des EEE établies sur notre territoire doit être réalisé afin de bien connaître l’ampleur du problème et de mettre en place des actions visant à contrôler ou à éradiquer les EEE s’il y a lieu.

De plus, un suivi des EEE aux portes du territoire, c’est-à-dire les EEE qui pourraient se retrouver dans le bassin et la zone à court ou moyen terme, devrait être effectué, ce qui permettrait de mettre en place des actions limitant les possibilités qu’elles y pénètrent et s’y installent.

La rivière Richelieu étant une excellente voie de propagation des EEE, il est important de rester vigilant, notamment en ce qui concerne les espèces très problématiques comme la carpe asiatique et le poisson tête de serpent du Nord. Ceci est d’autant plus important dans un contexte de changements climatiques, puisqu’un réchauffement des températures est susceptible d’entraîner une migration de certaines espèces vers le nord.

Les connaissances concernant les effets négatifs des EEE sur les espèces en péril et la faune locale étant insuffisantes à ce jour, il serait important de s’y intéresser davantage. Des études sur le contrôle et l’éradication des EEE devraient également être réalisées afin de voir si les méthodes actuelles portent fruit.

Puisque les activités anthropiques sont responsables de l’introduction et de la propagation des EEE, il serait primordial que les citoyens soient davantage sensibilisés à cette problématique et qu’ils aient les outils nécessaires pour reconnaître les EEE et accomplir les actions qui sont à leur portée (nettoyer les embarcations et l’équipement de pêche, ne pas utiliser de plantes exotiques envahissantes en horticulture, ne pas se débarrasser du contenu d’un aquarium près d’un cours d’eau, etc.).

Il faut encourager les projets visant la prévention (sensibilisation) et le contrôle (inspections) des EEE. Enfin, il serait pertinent et important que les citoyens et les acteurs du territoire rapportent leurs observations via l’outil de détection Sentinelle. Ce dernier, disponible sur le site Internet du MDDELCC (2015g), permet de faire des signalements et de consulter les signalements existants en ce qui concerne les EEE (plantes et animaux) les plus préoccupantes. Ainsi, cela contribuerait à mieux connaître la répartition des EEE sur le territoire.