5.2.1 Constat général

La présence de nombreux cours d’eau fait en sorte que bon nombre de Québécois pratiquent des activités nautiques variées. Cependant, la cohabitation est parfois difficile.

5.2.2 Situation sur le territoire

La rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent présentent un fort attrait pour les citoyens et les visiteurs. La présence de nombreuses marinas, de rampes de mise à l’eau, de quais municipaux ainsi que d’accès privés facilite l’engouement pour la navigation de plaisance sur ces cours d’eau. D’ailleurs, les fins de semaine et les jours fériés, la rivière Richelieu se transforme en une autoroute pour les embarcations à moteur. Un tel achalandage crée diverses problématiques.

5.2.3 Problèmes associés à la navigation

À l’heure actuelle, aucune limite de vitesse n’est imposée sur la rivière Richelieu. De nombreuses embarcations motorisées y circulent donc à grande vitesse, provoquant des vagues d’amplitudes variées. Celles-ci ont un impact sur la cohabitation avec les autres usagers, mais aussi sur les écosystèmes. Pour contrer ce phénomène, l’ensemble des MRC riveraines de la rivière Richelieu a signifié son intérêt, par résolution, à ce qu’un règlement soit mis en place afin de limiter la vitesse des embarcations. Des procédures devront être entreprises dans les prochaines années afin que ce règlement soit adopté par Transport Canada. De plus, des activités de sensibilisation peuvent contribuer à modifier les comportements des usagers. Par exemple, dans le cadre du projet de gardiennage, l’équipe du COVABAR sensibilise les plaisanciers à la problématique du batillage près des îles Jeannotte et aux Cerfs, un secteur écosystémique fragile (COVABAR, 2014).

Les plaisanciers, les promeneurs et les riverains se plaignent du bruit engendré par les utilisateurs de l’eau. Le bruit de nombreux moteurs cumulés, en particulier lorsque les embarcations circulent à haute vitesse, peut être dérangeant pour les citoyens et les visiteurs qui se trouvent à proximité de l’eau. Au bruit des moteurs s’ajoute également la musique, parfois forte, qui se propage facilement sur l’eau. Ce phénomène s’observe particulièrement aux abords des îles Jeannotte et aux Cerfs (Saint-Charles-sur-Richelieu/Saint-Marc-sur-Richelieu), ainsi qu’à proximité des îles de Boucherville. Ces secteurs représentent des aires de repos où plusieurs bateaux se regroupent, ce qui amplifie le phénomène (information tirée de rencontres avec des riverains).

Le fort achalandage et la vitesse des embarcations motorisées peuvent rendre difficile la cohabitation avec les embarcations non motorisées. En effet, les vagues causées par les embarcations à moteur peuvent rendre plus difficile la navigation à bord d’autres types d’embarcation comme les kayaks, les canots, les voiliers, etc., surtout pour les utilisateurs moins expérimentés. Cela donne donc en quelque sorte priorité aux embarcations motorisées, réduisant du même coup l’attrait pour les autres embarcations en période de fort achalandage. Pourtant, il serait important de s’assurer que tous les types d’embarcation puissent cohabiter en tout temps. L’adoption d’une réglementation limitant la vitesse sur le Richelieu serait un premier pas dans cette direction.

Les vagues créées par la circulation à haute vitesse des embarcations motorisées ont des impacts non négligeables sur les écosystèmes aquatiques. Elles causent notamment l’accélération de l’érosion des berges et affectent les habitats de nombreuses espèces de poissons. Par exemple, les herbiers entourant les îles Jeannotte et aux Cerfs, qui constituent l’un des habitats du chevalier cuivré et d’autres espèces de poissons, sont affectés par le batillage, ce qui peut compromettre la survie du chevalier cuivré (COVABAR, 2014). Le manque de sensibilisation des plaisanciers peut être à blâmer, puisque plusieurs ne connaissent pas les conséquences de leurs activités sur ces milieux. Il est donc primordial que des activités de sensibilisation se poursuivent auprès des usages de l’eau afin de réduire les impacts sur les écosystèmes.

5.2.4 Conclusion (limites et données manquantes)

La navigation de plaisance étant très populaire sur la rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent, il est essentiel de permettre une saine cohabitation de tous les usagers. Un effort particulier doit être fait en ce qui concerne la réglementation et la sensibilisation des usagers d’embarcations motorisées, puisque le fort achalandage et la haute vitesse créent des conflits avec les autres plaisanciers. De plus, l’impact des vagues sur les écosystèmes est problématique et nuit à certaines espèces, dont le chevalier cuivré. Des efforts doivent donc être déployés pour contrer ces conséquences, d’où l’importance des activités de sensibilisation comme celles mises en œuvre dans le cadre du projet de gardiennage. En effet, l’équipe de sensibilisation du COVABAR sensibilise les plaisanciers aux problématiques liées aux activités nautiques sur la rivière Richelieu, plus particulièrement près d’écosystèmes fragiles (COVABAR, 2014).