Selon le PDE, la problématique se définit dans la zone de gestion intégrée de l’eau par les éléments suivants:

Sur le territoire du bassin de la rivière Richelieu et de la zone Saint-Laurent, plusieurs espèces exotiques envahissantes (EEE) fauniques et floristiques sont observées, certaines étant déjà établies et d’autres étant potentiellement envahissantes et devant être surveillées.

Quelques études ponctuelles permettant de confirmer la présence d’espèces floristiques sur le territoire ont été réalisées (Comité ZIP Jacques-Cartier, en 2014; Parcs Canada en 2014 [Beaudet, 2014] et Ville de Boucherville en 2010).

Plusieurs observations de ces EEE floristiques ont également été faites lors des différents projets de caractérisation des cours d’eau réalisés par le COVABAR, dont plusieurs au sein du bassin versant de la rivière L’Acadie durant l’été 2014. Un grand nombre de ces espèces sont présentées dans la section sur les causes potentielles (tableau 12).

Cependant, aucun recensement approfondi n’a été effectué sur l’ensemble du territoire, ce qui ne permet pas d’avoir une idée juste et précise de l’ampleur du phénomène (présence, propagation et établissement des espèces). Référence au PDE Diagnostic p. 42

Globalement, les EEE ont des conséquences à la fois sur l’environnement, la société et l’économie.

D’abord, d’un point de vue environnemental, les EEE créent des pressions sur la biodiversité indigène par la prédation, la compétition pour les ressources et le parasitisme, en plus de pouvoir s’hybrider et véhiculer des maladies.

Les impacts des EEE sur les écosystèmes sont graves et souvent irréversibles. Elles peuvent en effet décimer des populations indigènes et prendre leur place, réduisant du même coup la biodiversité.

De plus, les EEE constituent une menace pour les espèces rares, menacées ou vulnérables, lesquelles sont plus à risque d’être délogées par l’arrivée d’espèces étrangères. Par exemple, la tanche et la carpe commune sont des EEE pouvant causer des problèmes d’accès aux ressources pour les espèces en péril, notamment des poissons de fond comme le chevalier cuivré et le chevalier de rivière.

Le gobie à taches noires, une espèce territoriale, peut également affecter la disponibilité des habitats pour le dard de sable et le fouille roche-gris, des espèces de poissons qui sont considérées comme menacées au Québec.

Enfin, il faut savoir que certaines activités peuvent être largement compromises par la prolifération d’EEE, en particulier les activités nautiques (pêche, canot, kayak, embarcation de plaisance motorisée, etc.). Référence au PDE Diagnostic p. 46

Selon le PDE, la problématique est causée par les éléments suivants dans la zone de gestion intégrée de l’eau :

Cause

Aquariophilie

Lors du relâchement dans la nature d’espèces fauniques et floristiques que le propriétaire ne désire plus avoir;

Horticulture

Certaines plantes d’intérêt horticole s’échappent des jardins et colonisent les milieux naturels;

Pêche sportive

Certaines espèces de poissons exotiques sont introduites volontairement dans des plans d’eau à des fins de pêche sportive.

Utilisation de poissons vivants ou d’autres organismes comme l’écrevisse à taches rouges comme appât

L’équipement de pêche et l’embarcation peuvent transporter des EEE (végétales ou animales) d’un plan d’eau à un autre s’ils ne sont pas nettoyés entre les deux.

Navigation de plaisance

De nombreux organismes aquatiques peuvent se retrouver sur ou dans une embarcation (dans le fond du bateau, sur la coque, le moteur ou l’hélice), ou tout matériel en contact avec l’eau comme la remorque à bateau ou même les roues du véhicule. Un changement de plan d’eau peut entrainer la propagation d’EEE si le matériel n’est pas adéquatement nettoyé. 

Aquaculture

Lorsque les individus élevés sont d’origine exotique et que certains s’échappent du milieu de production contrôlée, ils peuvent se propager dans le milieu naturel au détriment des espèces indigènes;

Transport maritime

Des organismes peuvent adhérer à la coque des bateaux et ainsi parcourir de longues distances. Également, l’eau de lest, qui peut contenir des centaines d’espèces différentes (plantes aquatiques, fragments d’algues, micro-organismes planctoniques, petits poissons, œufs et larves, invertébrés, etc.), permet le transport de ces organismes (Pêches et Océans, 2014a);

Commerce international et en ligne

Comme mentionné précédemment, le commerce international suppose une augmentation des échanges entre les pays, offrant ainsi de nombreux moyens de transport et de propagation. Les EEE voyagent également par les voies aérienne et terrestre (Hulme, 2009). La vente d’organismes vivants de toutes sortes sur Internet est très en vogue de nos jours. Ceci est facilité par l’accessibilité de ce médium et la difficulté pour les instances gouvernementales d’imposer des règlements;

Tourisme

Les touristes peuvent transporter accidentellement des morceaux de plantes et des insectes dans leurs valises, sur leurs vêtements ou leurs chaussures, ainsi que des parasites et des maladies. Également, ils peuvent aussi transporter volontairement des spécimens exotiques d’un milieu à un autre;

Mesures de contrôle biologique

Par l’introduction d’un agent de contrôle biologique;

Poissonneries

Vente de poisson et autres organismes vivants;

Cours d’eau et fossés

Les cours d’eau peuvent représenter un corridor de migration préférentiel. De plus, plusieurs plantes profitent des milieux perturbés en bordure des cours d’eau ou lors de la création de fossés;

Changements climatiques

Il faut également mentionner que les changements climatiques sont susceptibles d’exacerber la propagation des EEE sur le territoire, ce qui entraînera de lourdes conséquences sur les écosystèmes.

Référence au PDE Diagnostic p. 42

Les actions du PDE qui découlent de cette problématique

Orientation : 3.1 Conserver et restaurer la diversité des écosystèmes

Objectif : 3.1.5 Éviter la propagation des espèces exotiques envahissantes (EEE) (fauniques et floristiques)

Cité dans autre problématique Libellé de l’action Action du PDE approuvé ? (Oui/Non) Si oui : ajouter la référence/numéro d’action du PDE approuvé État d’avancement de l’action (Complétée, En cours, Reportée, Abandonnée, Prévue) Territoire concerné Maître d’œuvre (en inscrire plusieurs au besoin)
13-20 Effectuer des inventaires afin de repérer les EEE floristiques et fauniques oui En cours Tout le territoire Organismes de conservation
13-20 Sensibiliser les pêcheurs à la problématique des EEE sur la rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent oui En cours Tout le territoire COVABAR Municipalités MFFP
13-20 Sensibiliser les intervenants à la propagation des EEE floristiques et fauniques oui En cours Tout le territoire COVABAR MELCC Municipalités Organismes de conservation
13-20 Utiliser l’outil Sentinelle pour la déclaration d’EEE oui En cours Tout le territoire MELCC COVABAR Organismes de conservation